Le budget 2007 de l’Enseignement supérieur et de la recherche était débattu hier matin à l’Assemblée. J’y suis intervenu, alors que la commission « Université-emploi », présidée par le recteur Hetzel venait de rendre son rapport au premier ministre. La méthode était la bonne, avec plus de 120 débats organisés dans 29 académies, sur un sujet essentiel : 80 000 à 100 00 jeunes, soit 20 % des étudiants, sortent chaque année de la fac sans le moindre diplôme. Et 11 % des diplômés sont toujours au chômage trois ans après avoir la fin de leurs études !
Le rapport Hetzel veut relever le défi, et il faut rapidement mettre en œuvre ses propositions. Les universités auraient l’obligation d’informer chaque étudiant des perspectives professionnelles des études menées, grâce à la mise en place d’observatoire des parcours étudiants et de leur insertion professionnelle, comme cela existe déjà dans les IUT et les écoles de commerce. Et il est sain qu’une partie du budget de l’université dépende de sa capacité à insérer ses étudiants dans le monde du travail. Il faut également, comme le propose le rapport, mieux armer l’étudiant à trouver un emploi, en mettant en place en licence un module « projet professionnel personnalisé », où chaque étudiant apprendra par exemple à rédiger un CV, se présenter à un examen d'embauche et maîtriser une langue étrangère.
Mais il faut aller encore plus loin, en faisant de l’université un véritable passeport pour l’emploi. Avec une réflexion sur deux thèmes qu’il faut approfondir.
Premièrement, que chaque étudiant puisse bien connaître son futur métier avant la fin de ses études. Aujourd’hui, certains cursus peuvent être menés sans aucun contact avec le futur métier ! Une expérience professionnelle de six mois minimum devrait être rendue obligatoire dans chaque cycle d’étude. Et il faut aussi développer massivement l’offre universitaire en alternance, qui est trop réduite et peu valorisée. C’est possible dans tous les secteurs, comme c’est le cas à Nancy dans les secteurs scientifiques avec l’Institut National Polytechnique de Lorraine ou l’Université Henri Poincaré, ou dans les métiers de la banque et de la finance avec l’Université de Nancy 2.
Deuxièmement, faciliter le cumul « emploi-étude », qui permet à l’étudiant de financer ses études et de découvrir en amont le monde professionnel. Aujourd’hui, travailler pendant ses ses études est trop pénalisant, parce que rien n’est prévu pour, tant du côté de l’entreprise que du côté de l’université. Résultat : à peine 10 % des étudiants français mènent de front emploi et études, contre 56% au Danemark. Il faut réfléchir à la création d’un « passeport emploi-étude », signé à la fois par l’étudiant-salarié, l’employeur et l’université. Renouvelable chaque année pendant toute la durée des études, ce passeport permettrait l’obtention de crédits d’étude attribués pour l’expérience professionnelle, et surtout une grande liberté dans la répartition entre les études et le travail.
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