Du rapport Proglio

Proglio Lorsque j’étais au gouvernement, j’ai souhaité mettre en place une commission, présidée par Henri PROGLIO, sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. Cette commission vient de rendre son rapport Download raport_proglio.pdf à Gérard LARCHER, Ministre délégué à l’emploi. L’idée était de réunir des gens très différents, mais surtout des patriciens, que ce soit des formateurs, des universitaires ou des employeurs. La commission avait pour but de réfléchir spécifiquement aux difficultés des jeunes diplômés (un tiers des 16-25 ans), qui entrent dans le monde du travail.

Le rapport insiste sur la nécessaire évolution de notre système de formation et propose des mesures concrètes relatives au développement de l’alternance dans les universités et les écoles. Il défend plus globalement l’amélioration de l’orientation professionnelle, et une plus grande valorisation des stages.

Une seule proposition du rapport traite du contrat de travail, et sur ce point, la commission a une démarche analogue à celle qui a conduit le gouvernement au CPE : il faut que stoppe cet enchaînement de stages, CDD et autres petits boulots pour les jeunes diplômés, afin de revenir à une logique d’entrée et de maintien dans le CDI. Pour ce faire, la commission propose elle aussi d’aménager le CDI en le faisant précéder du contrat de professionnalisation.

Ce contrat est le résultat de l’accord national interprofessionnel signé en 2003 sur la formation tout au long de la vie qui a inspiré la loi du 4 mai 2004 sur le même sujet. C’est un contrat de formation en alternance de 6 à 24 mois dont 15 à 20% du temps est consacré à une formation directement professionnalisante. Financé par les fonds de formation professionnelle des partenaires sociaux, ce contrat a été porté par toutes les organisations patronales et syndicales, du MEDEF à la CGT.

La démarche du rapport Proglio ? Utiliser ce contrat, à l’origine conçu pour les jeunes peu ou pas qualifiés et pour les chômeurs de longue durée, en l’élargissant aux jeunes qualifiés de l’enseignement supérieur. Il me semble que c’est aujourd’hui aux partenaires sociaux de valider la proposition Proglio et éventuellement de l’aménager, d’abord parce qu’elle modifie le CDI, mais aussi parce qu’elle utilise l’instrument qu’ils ont pensé, négocié et qu’ils financent !

Auditions des acquittés d’Outreau

Outreau_p Comme je pense la plupart d’entre nous, j’ai été bouleversé par les témoignages mercredi des acquittés d’Outreau.

Cela fait des années que l’on parle des problèmes de lenteur de la justice française, où l’attente d’un procès ne se compte pas en semaines mais en années… la France est régulièrement condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour non  respect du « droit à être juger dans un délai raisonnable »…Chaque année la loi de programmation justice tente de donner plus de moyens, plus d’effectifs à l’institution judiciaire. Mais cela ne suffit pas. Outreau nous renvoie à un problème plus fondamental, à des interrogations sur les principes même de notre justice. La mise en cause du juge d’instruction  Fabrice Burgaud, relance la question de la place et de l’opportunité du juge d’instruction. Les avis divergent : pour certains comme le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, « il faut le supprimer » (voir son interview dans le journal Le Monde du 19 janvier http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-732356@51-705791,0.html Pour d’autres, notamment pour le Garde des sceaux, cette réforme n’est pas à l’ordre du jour. Pourtant il semble bien qu’un système qui repose sur le travail d’un juge seul, à la fois enquêteur et arbitre, qui doit développer son enquête et en tirer les conclusions, est source d’erreurs.. .Erreurs irréparables dans le cas d’Outreau.. Interrogations aussi sur la détention provisoire devenue quasiment systématique. En bref,  c’est tout le système pénal qui doit être remis à plat, du pouvoir des juges à la protection des victimes et des justiciables …mais nous verrons ce que la commission parlementaire d’audition des acquittés d’Outreau propose comme piste de travail. Une chose est sure, il y a du pain sur la planche.

De la relativité des étiquettes.

Tony_blair_europ La question du maintient du taux de TVA à 5,5 pour le secteur du bâtiment et son extension au secteur de la restauration, est actuellement en discussion sur la scène européenne. Pour le gouvernement, il est impératif de tenir parole sur cette promesse faite aux Français, le Président, puis le Premier Ministre s’étant fermement engagés sur ce point. Cette discussion témoigne en tout cas d’une chose : il faut prendre la mesure de la nécessité d’une réforme fiscale. On le voit bien, tous les secteurs veulent passer à 5,5%, le système actuel est mal fait car l’écart est trop grand entre les deux taux d’imposition.

Autre débat Bruxellois, les critiques sur les propositions de budget européen du Premier Ministre britannique…Elles sont loin d’enthousiasmer la France, les nouveaux entrants, ou encore le Président de la Commission, Manuel Barroso, qui a demandé à Tony Blair de revoir sa copie pour sortir cette impasse. C’est notamment la baisse de l'enveloppe globale ponctionnant les fonds structurels des nouveaux entrant dans l’Europe qui a fait réagir fortement les responsables européens.

La voix de la France s’est trouvée affaiblie dans cette discussion budgétaire… Six mois après le referendum, on peut constater à quel point le « Non » au traité à des incidences sur la crédibilité et l’influence de la France au niveau de Bruxelles…

Autre paradoxe, ces propositions sont le fait d’un socialiste certes anglais, mais adhérent à l’International socialiste tout de même ! Tony Blair va dans le sens inverse de la volonté française, exprimée aussi bien par l’UMP que par les socialistes. Cela témoigne, si c’était encore à démontrer, que l’étiquette politique ne garantit pas tout. On peut défendre son parti mais s’y résumer est simpliste...d’où la limite de la logique partisane !

la séparation

Claude_rich 100 ans après la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, l’Assemblée nationale accueille l’avant première du film réalisé par François Hanss avec Pierre Arditi et Claude Rich retraçant le combat de 1905 en faveur de la laïcité ! « La séparation » me renvoie fierté et nécessité. Fierté envers l’héritage radical, qui a installé la laïcité au cœur de notre République. Nécessité pour notre pays de respecter le principe de laïcité. Les récentes émeutes, le malaise identitaire de beaucoup de Français vis-à-vis de la Nation, les tentations communautaristes rappelle l’actualité de la laïcité. Nous avons fermement besoin de neutralité des services publics et de l’éducation nationale, d’égal traitement des convictions religieuses, politiques ou philosophiques, et surtout du respect de l’individu et de son libre arbitre.