J’étais lundi soir invité à la maison de quartier de Jarville à partager le fruit d’un long travail, celui de six jeunes de Jarville et du quartier du « Haut du Lièvre » sur le fonctionnement de la démocratie et le rôle du politique sur la question de l’égalité des chances.
Après des mois de rencontres et de débats avec les représentants de tous les échelons du pouvoir - de la Mairie au Conseil général, de l’Assemblée nationale au Sénat -, ces jeunes garçons soutenus par leurs éducateurs ont réussi à produire un film remarquable. Parmi ces jeunes « réalisateurs » des quartiers, tous les profils : lycéens ou étudiants, au travail ou en recherche d’emploi. Un même message à faire passer: la nécessité de prendre part au vote et de faire entendre sa voix dans le débat public.
Ce film a donné lieu à un débat animé. Tous - élus, associations, familles-, nous avons admis que les difficultés rencontrées par les jeunes des quartiers sensibles, ne pouvaient être assimilées à des problèmes d’intégration. Il ne s’agit pas d’immigrants mais bien de Français et leur origine étrangère ne permet pas de les assimiler à de nouveaux entrants sur le territoire.
Pourtant, ces jeunes sont confrontés à des problèmes d’insertion. Dans les quartiers, le chômage des jeunes de moins de 25 ans atteint presque 40% ! Comment répondre à cette question de cohésion sociale ?
Là, les réponses divergent. Certains pensent qu’affirmer l’égalité de droit suffit. Pour ceux–là, recenser les différences des uns ou des autres, c’est déjà aller à l’encontre de ce principe républicain. Pour d’autres- et je suis de ceux-là-, il n’est plus permis de se voiler la face. Il est impératif de reconnaître collectivement que la couleur de peau, le statut civil, le quartier sont discriminants. Les jeunes présents dans la salle en ont témoigné : la couleur de peau ou la consonance d’un nom peuvent malheureusement être un frein à l’embauche. Après ce constat, il est difficile d’apprécier la solution la plus adaptée. Mais qu’il s’agisse de la diversité active telle que défendue par le Ministre Azouz Begag ou de la discrimination positive proposée par Nicolas Sarkozy, ces solutions ont le mérite de regarder en face cette réalité. La HALDE a d’ailleurs pour rôle de sanctionner ces discriminations et il était fort intéressant que la rencontre de ces jeunes et de Louis Schweitzer, Président de la HALDE, soit largement relayée dans le film. Pointer du doigt ces discriminations et les punir permet une prise de conscience collective du travail qu’il reste à accomplir pour que le principe d’égalité soit réel pour tous, partout.
En tout cas, je remercie Karim, Souphyan, Abdelani, Karim, Yassine, Mohamed et leur animateur Laurent Lider de m’avoir associé à cette initiative, illustration d’une démocratie bien vivante.
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