Un entier indivisible

Laicit Pour moi, la laïcité est un principe entier. Elle n'a pas besoin d'adjectif, de modulateur, de régulateur ou d'adaptateur... Elle fait vivre la devise républicaine : liberté de croire ou pas, égalité des religions dans un Etat qui garantit la neutralité de la sphère publique, fraternité rendue possible par ce principe qui apprend le respect de la diversité. Les radicaux ont toujours défendu la laïcité, et les Français aussi quand ils la sentent menacée dans la vie de tous les jours. Il suffit de se souvenir du débat et des inquiétudes populaires, des mouvements d'opinion autour de la question du port de signes religieux à l'école. C'était il y a quelques années seulement qu'une loi votée en 2004 dispersait le trouble d'un avis du Conseil d'Etat de 1989 érigé en dogme par le Gouvernement d'alors. Le Président de la République a dû s'en souvenir en rappelant devant les autorités religieuses avant-hier son attachement au principe de laïcité.

Un souffle d'histoire

Tonyblair Le moment surprenant et passionnant du Conseil national de l'UMP samedi à la porte de versailles fut le discours de Tony Blair. Venu parler d'Europe dans un français parfait, parvenant même à transcrire dans notre langue l'humour anglais, il fit partager la part d'histoire qu'il porte pour toujours à plus de 3000 auditeurs silencieux et conquis. Il expliqua les principes ayant guidé son action de1997 à 2007 à la tête de l'Etat britannique. La mondialisation ? Une évolution inéluctable, mais pas incontrolable. Elle s'accompagne d'ailleurs de la fin des idéologies. Mais après la chute du mur de Berlin, il reste encore les valeurs. L'engagement politique ? Il s'en trouve plus réaliste, plus concret, puiqu'il s'agit de dire quelles valeurs défendre et comment les mettre en oeuvre dans la vie quotidienne des gens. Achevant son propos, il confirma faire une différence entre gauche et droite, il expliqua surtout que dans ce monde en mouvement perpétuel, la frontière majeure était entre ceux qui regardent le passé et en défendent les idéologies et ceux qui entendent dessiner l'avenir avec la palette de leurs valeurs. Pour lui, les personnels politiques passéistes prennent une responsabilité majeure qu'il faut dénoncer car "dans un monde qui change, malheur à celui qui stagne..."

Que du bonheur...

Voeux Hier, une chronique sur France Info tentait d'éclairer le sens de deux réveillons qui se suivent et ne se ressemblent pas : celui de Noël et celui du Nouvel An. Nourri d'une longue tradition, le réveillon du 24 décembre serait familial et respectueux de nos racines alors que celui du 31, occasion la plupart du temps d'une fête amicale, regarderait l'avenir avec la nouvelle année. Je me suis dit qu'on pouvait décidemment toujours tenter de tout décortiquer, de tout théoriser, au risque de tout désenchanter... Ce n'est surtout pas l'esprit de ce billet! J'espère simplement que vous aurez pu fêter ces deux nuits particulières entourés d'affection et je vous souhaite, à vous et à ceux que vous aimez, une année 2008 pleine de bonheur... et aussi de petits bonheurs!

Campagne radicale

Congrs_108 Dimanche dernier, lors du 108ème congrès du Parti Radical, Jean-Louis Borloo a été élu  Président de notre parti. Nous avons assisté à un émouvant passage de relais entre lui et André Rossinot. Je suis heureux du choix qu'ont fait les radicaux, car je sais que notre nouveau Président a la capacité de faire jouer un rôle de premier plan à notre parti, et de porter plus encore nos idées radicales auprès de l'opinion. Je veux mener ce combat avec lui, c'est pourquoi j'ai décidé d'être candidat au poste de secrétaire général du Parti Radical. A l'occasion de cette élection, qui aura lieu début décembre, j'ai souhaité faire le tour des fédérations radicales. D'Orléans à Marseille en passant par Lyon et Bordeaux, cela me laisse très peu de temps pour alimenter mon blog autant que je le souhaiterais!
Mais en attendant, pour ceux que cela interesse, je vous conseille de venir découvrir le Parti Radical. J'ai aussi lancé hier soir un site dédié à ma candidature au poste de secrétaire général  dédié à ma candidature au poste de secrétaire général, pour présenter aux radicaux et à tous ceux qui s'y intéressent mon projet pour le parti. N'hésitez pas à aller le visiter et à me faire part de vos commentaires! A très vite.

Une Vème République plus démocratique ?

Comit_balladur Créé par décret le 18 juillet dernier, le Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République présidé par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur vient de rendre son rapport. Que retenir des 77 mesures qu'il avance au-delà de sa composition ouverte -Jack Lang, Guy Carcassonne, Olivier Duhamel ou Olivier Schrameck côtoyant Jean-Louis Bourlanges, Jean-Claude Casanova et Luc Ferry ? Ce rapport comprend des propositions nécessaires et, pour certaines d'entre elles, novatrices. Il est nécessaire de limiter le pouvoir du Président de la République et de renforcer le Parlement. L'élection du Chef de l'Etat au suffrage universel direct est un acquis démocratique auquel nos concitoyens ne veulent pas renoncer, mais il n'empêche que ses pouvoirs doivent être limités : contrôle parlementaire sur ses nominations aux directions des administrations et entreprises publiques, indépendance accrue du Conseil Supérieur de la Magistrature qui doit donner un avis sur les grâces individuelles, prise en compte du temps de parole du Président dans celui de l'exécutif face à celui de l'opposition. La modernisation de notre République passe surtout par l'indispensable renforcement du Parlement : maîtrise d'au moins la moitié de leur ordre du jour par l'Assemblée nationale et le Sénat, suppression ou stricte limitation de l'article 49 alinea 3 de la Constitution qui permet l'adoption d'une loi sans vote, augmentation du nombre des commissions permanentes pour une meilleure préparation des lois et un meilleur contrôle de l'exécutif. Le comité Balladur propose aussi des mesures qui rendent plus efficace le travail législatif : les études d'impact des projets de loi en amont du vote, un délai de deux mois entre le dépôt du projet et son examen en séance publique, le développement des lois de programmation sur 5 ans car aucune politique ne se construit sans durée, la simple ratification par l'assemblée plénière du texte adopté par la commision pour les textes mineurs ou encore des équipes de contrôle de l'exécution des lois en aval. Surtout, le Parlement ne pourra être restauré sans droits nouveaux pour l'oppositon comme la présidence ou le rapport systématique des commissions d'enquête, la réserve d'une partie de l'ordre du jour à l'opposition ou l'égalité du temps de parole entre majorité et opposition lors des questions d'actualité. Mais le Comité Balladur va plus loin par des propositions innovantes ouvrant de nouveaux droits pour les citoyens : referendum d'initiative populaire, saisine du Conseil constitutionnel pour remettre en cause la conformité d'une loi à la Constitution pendant une procédure de Justice, saisine du Conseil Supérieur de la Magistrature pour motif disciplinaire à l'encontre d'un juge, interdiction des lois rétroactives, création d'un Défenseur des droits fondamentaux et d'un Conseil du pluralisme concernant les medias et les sondages. Finalement, si je ne suis pas d'accord avec chacune des 77 propositions de ce ce rapport, je reconnais qu'il comprend beaucoup d'éléments forts pour garantir l'équilibre des pouvoirs et les droits des citoyens. Au Parlement, par un débat digne et ambitieux sur ces questions de montrer qu'il est mûr pour prendre toute sa place dans une République rénovée, rééquilibrée, qui respire enfin...

Un vote en conscience

An Aujourd'hui se tenait le vote solennel du projet de loi relatif à l'immigration. Bien qu'approuvant beaucoup des mesures de ce texte, je me suis abstenu. Pour marquer mon désaccord sur l'amendement permettant le recours aux tests ADN pour établir le lien de filiation avec la mère dans le cadre d'une demande de regroupement familial. La mesure fut encadrée par de nombreux ajouts à l'Assemblée nationale comme au Sénat : volontariat, intervention du juge, gratuité du test, utilisation à défaut d'état-civil probant. Et j'ai reçu à ma permanence plusieurs personnes étrangères, privées d'état-civil dans leur pays d'origine, qui se retrouvent dans l'impossibilité de faire venir leurs enfants faute de pouvoir prouver le lien de parentalité. Mais le texte sur l'immigration n'est pas le cadre d'une telle mesure, pour laquelle on doit garantir l'égalité de traitement des nationaux et des étrangers face à des principes civils à l'impact éthique évident. Surtout, le temps et la sérénité ont manqué pour légiférer avec sagesse et réflexion, en tout cas de mon point de vue. Si la détresse de quelques uns pousse à agir sur ce sujet, la loi impersonnelle et générale impose la retenue. c'est finalement cette conviction qui a emporté mon choix.

Polémique épistolaire autour de Guy Môquet

HGuy_moquetier matin, j'étais accueilli par une classe du lycée Jeanne d'Arc à Nancy pour la lecture de la lettre d'adieu de Guy Môquet à sa famille. Loin des polémiques syndicales et du brouhaha médiatique qui sévit depuis quelques jours sur cette décision du Président de la République de faire lire cette lettre poignante, la classe d'une trentaine d'élèves s'est laissée prendre par la beauté simple et émouvante de la lettre. Les élèves ont réagi, tantôt surpris par l'absence de haine de cet écrit, tantôt touchés par le sort de ce jeune résistant communiste fusillé le 22 octobre 1941 au même âge, voire plus jeune qu'eux. Sens de la famille, dévouement patriotique, horreurs de la seconde guerre mondiale, toutes les clés de ce courrier testimonial furent utilisées pour des questions personnelles, générationnelles et pour jeter un regard de citoyen critique sur le monde d'aujourd'hui. La paix sur notre continent contrastant avec les guerres et génocides encore commis dans d'autres régions du monde. Bien sûr, la volonté de certains professeurs d'éviter toute instrumentalisation politique de la lettre de Guy Môquet et de l'utiliser avec toute sa force pédagogique est compréhensible. Gageons d'ailleurs que le temps le permettra. Simplement, j'ai trouvé que la profondeur des réflexions et échanges des élèves avec qui je me trouvais comble l'ultime voeu du jeune martyr fusillé quand il écrivait : "ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose".

Marathon budgétaire

Marathon Commencé par des auditions de la commission des finances dès septembre, l'examen du budget de l'Etat pour 2008 s'est accélérée depuis mardi, avec l'examen de projet de loi de finances (PLF) en séance publique. C'est un véritable marathon parlementaire qui se déroule, d'abord parce qu'il occupe l'Assemblée, et notamment les commissaires aux finances, pendant deux mois, jusqu'à la mi-novembre, pour reprendre avant Noël. Marathon aussi car les députés doivent se partager entre réunions en commission pour examiner les amendements et les rapports et débats en hémicycle, de 9 heures à 2 heures, du mardi au vendredi ; l'endurance devient alors la vertu parlementaire majeure. Surtout jeudi et vendredi, jours de grève dans les transports, et donc de marche dans Paris ! Pour le cru 2008, j'ai souligné dans mon intervention en discussion générale l'équilibre trouvé entre réduction accrue du déficit et soutien à la croissance et à l'innovantion, tout en insistant sur le respect du plan de cohésion sociale, levier efficace de baisse du chômage depuis 30 mois... Le marathon se poursuit pendant encore 20 jours, donnant une occasion unique de visiter toutes les politiques publiques, de sortir des couloirs administratifs cloisonnés pour aller vers plus de cohérence. Un pouvoir majeur du Parlement à exercer pleinement !

Rendez-vous mercredi 17 octobre...

Refus_misre Aujourd'hui au centre de Nancy, ATD Quart Monde organisait des espaces de dialogue et des animations pour sensibiliser le grand public à la journée mondiale du refus de la misère. Elle aura lieu mercredi, 20 ans après la première édition le 17 octobre 1987. Cet évènement planétaire veut mobiliser l'opinion sur le combat contre la pauvreté. Partout dans le monde, en France aussi. D'autres personnalités politiques étaient présentes lors de la lecture de témoignages, comme ma collègue députée Valérie Rosso-Debord ou le président socialiste du Conseil général Michel Dinet. Côte-à-côte malgré les différences politiques, et ce n'est pas un hasard. L'état d'esprit de la journée le permet, celui du rassemblement des humanistes, sans polémiques politiques qui divisent, sans abus idéologique qui caricature et paralyse. Une belle démarche : s'indigner, se comprendre, s'unir pour faire, comme le disait Lévinas, "des droits de l'homme, des droits de l'autre homme". Alors, n'oublions pas, mercredi 17 octobre...

Journaliste d'un jour

Echos Le grand quotidien économique "Les Echos" renouvelait hier son initiative d'une rédaction invitée. Cette année, c'était au tour de 80 députés de rédiger, en apprentis journalistes, un numéro entier des Echos, celui du lundi 8 octobre 2007. Contacté dans le lot, je me suis vu confier avec mon collègue socialiste de l'Isère, André Vallini, le soin de préparer la page "enquête". Il s'agissait de recueillir le point de vue de députés expérimentés sur les nouveaux élus de 2007. Pendant trois jours, j'interrogeais des figures du Palais Bourbon, apprenant qu'il était parfois difficile d'obtenir des politiques des réponses précises. La légendaire franchise de Maxime Gremetz m'a aidé à délier les langues... Mon papier rendu avant la journée de travail en rédaction, je fus gratifié dimanche d'un second sujet : la stratégie du groupe Bouygues dans le secteur électro-nucléaire alors qu'il se porte actionnaire à 30% du groupe Alstom. Un tout autre exercice commençait pour moi : comprendre en quelques heures un sujet inconnu, enquêter et donner en 50 lignes une analyse complète de la question. Une autre facette du travail de journaliste. L'ambiance au siège des Echos fut chaleureuse, joyeuse. En échangeant les rôles, politiques et journalistes semblaient plus détendus ensemble. Comme le dit Patrick devedjian, il ne reste plus qu'à accueillir à ma place pendant au moins une journée en circonscription un journaliste des Echos... A charge de revanche donc !