Le Haut-du-Lièvre en 54000

Hdl Samedi matin, au centre du courrier de Laxou-Champ-le-Bœuf, le code postal « 54100 » identifiant le quartier du Haut-du-Lièvre a définitivement été supprimé. La Poste avait instauré ce code en 1964 pour faciliter la distribution du courrier dans le quartier du Haut-du-Lièvre. Mais depuis quelques années, le 54100 était devenu un marqueur, un objet de discrimination pour les chercheurs d’emploi du quartier. Les maisons de l’emploi et les missions locales ont remarqué que le simple fait de voir le code postal du « Haudul » sur un CV effrayait certains employeurs, les décourageant même de convoquer à un premier entretien d’embauche.  A tel point que certains demandeurs d’emploi  préféraient encore inscrire 54000 sur leur adresse, au risque de ne pas recevoir tout leur courrier, plutôt que de préciser leur quartier d’habitation.

Ce sujet avait été abordé lors des "Ateliers République" que j’avais montés en mai dernier avec les nancéiens. Et déjà, dans la table ronde dédiée à la lutte contre les discriminations, l’idée de supprimer le « 54100 » était apparue comme une première réponse concrète. En janvier, j’avais rencontré le Directeur départemental de la poste, et m’étais fait le porte-parole de cette proposition. Il a pu, à l’occasion de la modernisation des machines de tri de la Poste, prendre en compte cette demande des habitants du Haut-du-Lièvre. C’est une vraie victoire. Car si c’est bien sûr important de légiférer ou de signer des chartes, c’est surtout important d’accumuler les actes concrets pour lutter contre les discriminations.

Africains nancéiens

Burkina_1BeninIl y a des vœux dont je voulais absolument vous parler mais le temps m’a manqué cette semaine : ceux de l’Association africaine de Nancy à la MJC Pichon. Occasion de se rencontrer et de discuter sans qu’il s’agisse de cas particuliers, mais bien du rôle de cette communauté super active dans la ville.

Nous avons été accueillis par Modeste Tiendrebeogo et Ange Yahouedeou, respectivement  les présidents des amicales burkinabaises et béninoises de Nancy. Leur message était clair et positif : "Utilisez nous !" Pour les politiques de coopération menées par la ville de Nancy, ces associations peuvent servir de relais pour mener des actions humanitaires ou des opérations de jumelage (cf mon billet du 16 novembre dernier). Mais ces associations veulent aussi avoir un rôle actif dans notre économie locale. D’origine étrangère ou étrangers, les membres de l’association se sentent 100% nancéiens. Parmi eux de nombreux entrepreneurs, artisans, commerçants et étudiants qui souhaitent partager leur énergie pour faire avancer notre ville.

Quelques jours après, les Italiens de Nancy m’ont invité à fêter la béfana. Là encore même énergie, même volonté de faire. Je crois que c’est essentiel qu’une municipalité sache connaître, reconnaître et soutenir ces associations qui font la diversité et la richesse de notre ville.

Madame Pinard de Sancerre

Gateau_2 Le Centre féminin d'Etudes de la Pâtisserie (CFEP) organisait ce week-end son 47ème séminaire à Nancy. Pour les femmes de pâtissier souhaitant soutenir l’activité de leur conjoint et bénéficier du statut de conjoint collaborateur, c’est l’occasion de se réunir, de débattre et surtout de se former. Connaissant mon intérêt pour toutes les questions de formation, la chambre professionnelle des métiers de la pâtisserie m’avait convié à participer aux différents ateliers. Au programme, les techniques de ventes, le droit du travail, les règles de gestion…et puis une spéciale dédicace à la responsable de l’atelier « décoration », maître dans l’art de l’étalage et de la vitrine : Madame Pinard pâtissière à Sancerre…comme elle le dit elle-même, on ne peut pas l’oublier !

Il n’y avait d’ailleurs pas que des femmes de pâtissiers mais aussi des vendeuses, qui voulaient assurer leur promotion professionnelle. D’un outil fondé à l’origine pour les conjoints collaborateurs, le CFEP est devenu un instrument très utile pour la professionnalisation féminine.

Veni, vidi, vici

Veni_vidi_vici Ce n’était pas la « Guerre des Gaules » de Jules César, mais le titre d’un beau documentaire réalisé à l’initiative de l'Association culturelle berbère, et diffusé ce soir au Kinépolis de Nancy. Le réalisateur Makhlouf Idri a suivi cinq personnalités d’origine algérienne aux parcours aussi divers que passionnants. Il nous emmène à la suite de Daniel Prévost, acteur, de Rachid Arhab, journaliste, de  Tokia Saifi, Députée européenne, de Yazid Sabeg, chef d’entreprise et de Magyd Cherfi, ancien parolier et leader du groupe Zebda.

Ce film est un outil percutant de lutte contre les discriminations. Il sort des discours moralisateurs, il sort des lamentations pour témoigner d’une éthique républicaine par l’action. Il est question de volonté personnelle et d’énergie positive, il est question de réussites, il est question de ce qu’apporte l’immigration en diversité et en richesse pour la France. Cette diversité de la France est réelle, incontournable, elle nourrit le pays.

Le film m’a aussi rappelé beaucoup d’actions concrètes menées depuis quelques années pour l’égalité des chances. Daniel Prévost est ainsi régulièrement l’invité de l’Association Culturelle Berbère, que je suis et soutiens depuis 10 ans, depuis que je suis élu à Nancy. Tokia Saifi était au gouvernement, mobilisée comme Jean-Louis Borloo et moi sur les enjeux de cohésion sociale. Yazid Sabeg, enfin, milite avec nous pour que les entreprises s’engagent toujours plus nombreuses pour la Charte de la diversité.

« Veni, vedi, vici » montre qu’il faut définitivement dépasser le cap des seuls discours, et multiplier les actes concrets !