Il faut connaître Bussang, commune aux confins de la Lorraine, à la limite de l'Alsace et de la Franche-Comté. Pour les superbes paysages des Vosges certes, mais surtout pour son Théâtre du Peuple. Initié en 1895 par l'essayiste Maurice Pottecher, classé monument historique en 1975, ce grand vaisseau de bois semblant échoué en pleine forêt vosgienne, propose une programmation estivale toujours surprenante. J'y étais hier pour assister à "un coeur mangé" de Pierre Guillois. Nous sommes projetés en pleine première croisade, en 1096, et voyons comment les haines entre les hommes de religions différentes se nouent, puis se déchaînent. Une pièce dont l'humour parfois cru, toujours instructif, résonne dans l'actualité au lendemain de l'arrestation des trois auteurs présumés de la profanation d'une mosquée à Toul dans la nuit du 18 au 19 août. Une façon de nous rappeler que cet acte doit être absolument condamné par tous les républicains et réprimé avec fermeté, car il répond à des sentiments et des préjugés qui nourrissent depuis trop longtemps la face tragique de notre histoire.
N'oublions pas également les actes cathophobes qui ont eu lieux à Toul, où le curé s'est fait régulièrement insulté et attaqué par des lancés de pierres, où des vitres de la chapelle ont été brisées, la croix de l'édifice recouverte d'un voile noir... Ces actes sont méprisants et méprisables.
La laïcité en France doit permettre que chacun pratique sa religion librement sans crainte pour sa vie ou pour ses biens. Cela ne semble pas encore être une réalité...
Rédigé par: www.facebook.com/profile.php?id=1033181860 | mercredi 09 septembre 2009 à 01:08