A Versailles hier devant députés et sénateurs, le Président de la République annonçait notamment un grand emprunt pour financer des investissements nationaux prioritaires, pour soutenir l'activité et préparer au mieux l'avenir, c'est-à-dire la sortie de crise. On ne peut réfuter cette priorité : résister par tous les moyens à la crise, investir et ne pas augmenter les impôts... Comme en écho, Philippe Séguin, Président de la Cour des Comptes, présentait ce jour à la Commission des Finances de l'Assemblée nationale le rapport annuel sur la situation des finances publiques en France : prés de 150 milliards d'euros de déficits de l'Etat et de la Sécurité sociale prévus en 2009, une dette française dépassant celle de nos voisins allemands et risquant d'échapper à tout contrôle. La sortie de crise paraît déjà gagée par une révolution budgétaire qu'il nous faudra faire!
Laurent Hénart signale avec raison les dangers inhérents à l'ampleur de la dette française qui, de fait, inquiète déjà les observateurs allemands, ces derniers redoutant un recours à l'inflation réclamé tôt ou tard par l'Hexagone, avec des incidences sensibles pour la pérennité de la zone Euro.
A l'évidence, l'axe majeur de redressement doit être cherché du côté des réductions des dépenses publiques, dont il est d'ailleurs légitime de se demander lesquelles devront faire l'objet des premières restrictions. Au demeurant, une stratégie raisonnable sera sans doute de pointer les budgets les moins bien employés en termes de rendement, de productivité et d'efficience économique, et l'on voit d'ores et déjà, à l'initiative du gouvernement, se mettre en place des dispositions nées d'une volonté politique d'attaquer de front le problème de la réduction des déficits, telles que, par exemple, le renvoi du départ à la retraite à un âge postérieur.
Réduire la dette est une priorité irréductible à laquelle il ne sera pas possible de se dérober.
Florence Soriano-Gafiuk
Rédigé par: Florence Soriano-Gafiuk | jeudi 09 juillet 2009 à 23:46