La polémique sur les chiffres du chômage pendant la campagne présidentielle avait montré la fragilité des débats statistiques d'experts, mais aussi, six mois plus tard, confirmé la qualité des estimations de l'INSEE. "Les Echos" du jour font état d'un article disponible sur site de l'OFCE, organisme privé d'études, qui semble remettre en cause les résultats avancés par le Bureau d'Informations et de Prévisions Economiques et l'INSEE sur l'emploi dans le secteur des services à la personne. L'exercice montre que parfois plus c'est gros, plus ça passe. L'OFCE analyse les résultats du plan de développement des services à la personnes avec des chiffres vieux d'au moins deux ans (du 2ème trimestre 2004 au 2ème trimestre 2006), c'est à dire au moment du lancement opérationnel du plan (loi applicable en janvier 2006, nouveau chèque emploi service et agréments des prestataires disponibles au printemps 2006). Autant dire au moment du départ du camp de base que l'expédition n'a pas atteint le sommet de l'Everest! En prime, l'analyse recourt à des mesures créés pour l'occasion (la création d'emplois mesurée sans les postes à durée déterminée, ce qui est l'inverse de la règle utilisée pour toute l'économie nationale, et même par Eurostat) et avance des résultats de calcul différents de l'INSEE auquel pourtant il est fait référence (1,843 million de salariés pour l'INSEE en 2006 dans le secteur contre 1,448 pour l'OFCE). Sinon l'OFCE avance des constats généraux connus et avec lesquels tous sont d'accord depuis longtemps : le secteur est prometteur, il crée des emplois, un emploi créé sur quatre en 2006 l'a été dans le secteur des services à la personne (103 000 représentant 33 000 ETP)... Pendant ce temps l'essentiel est masqué : l'engagement des associations, des entreprises et des pouvoirs publics pour apporter avec ce plan de soutien et de professionnalisation une réponse aux défis de la conciliation des vies professionnelles et familiales des Français et surtout des Françaises, puis du vieillissement et de l'isolement. Mais nous y reviendrons...
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