La forêt pourrait cacher l'arbre...
Jeux olympiques, déclaration de NKM sur fond de discussion du projet de loi OGM, carte familles nombreuses... Les couacs de l'orchestre gouvernemental finissent par masquer le travail qui se fait. Quels échos depuis mardi sur l'examen commencé à l'Assemblée nationale du projet de loi de modernisation du marché du travail? Pourtant, ce texte comporte des progrès majeurs pour l'emploi car il avance sur la voie de la flexisécurité. D'un côté, plus de sécurités pour le salarié avec la réduction de la durée nécessaire pour bénéficier d'une indemnisation maladie ou d'indemnités de licenciement, l'intégration des stages à la période d'essai ou la suppression du CNE au profit du nouveau CDI. De l'autre, plus de souplesses pour les employeurs avec l'allongement de la période d'essai, la rupture négociée du CDI, un CDD de mission plus long (18 à 36 mois). Surtout, ce texte porté avec persévérance par Xavier Bertrand est un progrès par sa méthode d'élaboration : il correspond à l'accord signé par tous les partenaires sociaux à l'exception de la CGT, montrant que le dialogue social pour des réformes essentielles, ça peut marcher. Ce débat parlementaire méritait d'être au premier plan de l'actualité, et non masqué par les difficultés gouvernementales que l'on sait. Il était donc temps qu'intervienne le rappel à l'ordre du Président de la République... Pour que la forêt touffue ne cache pas l'arbre qui porte ses fruits!

Voici une question de candide : quelle est la marge de manoeuvre du Parlement pour amender un texte qui a déjà fait l'objet d'un accord avec les partenaires sociaux. Le Parlement ne devrait il pas se limiter à entériner l'accord, en modifiant les textes législatifs qu'il entend modifier ?
Rédigé par: dramelay | le jeudi 17 avril 2008 à 13:10
Mais derrière cette forêt touffue, ne ne trouve-t-on pas justement un Président responsable de cette cacophonie, qui rappelle à l'ordre alors même que depuis son élection il n'a pas été une seconde à la hauteur de ce qu'on peut légitimement attendre d'un président de la république?
Rédigé par: Isabelle | le jeudi 17 avril 2008 à 15:41
Il serait temps de mettre au clair le contrat de travail et de prendre en compte le fait que dans une entreprise, quand on n'a plus de travail il faut pouvoir licencier au plus vite pour éviter de mettre tout le monde au chômage.
Quand on aura admis que les patrons ne sont pas tous des pourris et qu'on peut se séparer d'une personne d'un commun accord, on aura fait des progrès.
Rédigé par: Cécile | le jeudi 17 avril 2008 à 17:18
ce qui est frappant toutefois c'est que cette modernisation du droit du travail se fait en accord avec les organisations paritaires et que cela ne déclenche que peu l'intérêt de la presse...
Pareil sur la représentativité syndicale : au moment où les pratiques du medef et de ses fédérations laissent réveuses, il n'y a pas de place de faite pour les représentants des employeurs de l'économie sociale (associations, coopératives, mutuelles, structures d'insertion,) regroupées notamment au sein de l'USGERES, qui regroupe toutes les branches professionnelles du secteur, qui emploient, en dehors des collectivité, l'énorme majorité des personnes en parcours d'insertion, représentent environ un emploi sur 10 dans le privé, ont des élus aux prud'hommes côté patronal mais dont on refuse également de leur accorder une place dans les négociations paritaires. Peut être avec d'autres voix issues d'un autre type de patronat, le dialogue social serait relancé à profit.
Rédigé par: frédéric cuignet royer | le vendredi 18 avril 2008 à 10:07
Je crois que la mise en avant des "couacs" actuels est à l'exacte hauteur des exagérations positives qui avaient gagné les médias au printemps 2007.
Excessives dans les deux cas.
Si l'on regrette que les problèmes soient trop mis en avant, alors il faut aussi s'ériger contre les propos stupidement hagiographiques et disproportionnés qui avaient inondé les ondes et les colonnes de beaucoup de magazines de juin à décembre.
Peut-être aussi faut-il se demander si le Président n'a part une grande part de responsabilité dans cette cacophonie.
Le Président préside, les ministres gouvernent. C'est la théorie.
On ne peut être partout (ou vouloir l'être) sans prendre le risque de ces dysfonctionnements qui étaient quasiment inéluctables selon moi.
Et surtout, ne jamais oublier que la première vertu d'un homme ou une femme politique est l'EXEMPLARITE. Sans elle, il est impossible de demander aux français de faire des efforts. Ils ne peuvent pas le comprendre si leurs élus et leurs gouvernants ne s'appliquent pas à eux-mêmes la rigueur rendue nécessaire par un environnement mondial extrêmement tendu et difficile.
Rédigé par: Denis D | le vendredi 18 avril 2008 à 12:26
"couac" est un bien faible mot quand on voit ce qui s'est passé à propos du vote de l'amendement Chassaigne. Les déclarations de NKM à propos de MM. Borloo et Copé sont éloquentes quant à l'ambiance au sein de l'orchestre gouvernemental qui, apparemment, n'arrive pas à s'accorder. C'est malheureusement un des problemes d'un chef d'etat et d'un 1er ministre lorsque ceux-ci peinent à mener leur majorité en bonne intelligence...
Rédigé par: raphael | le dimanche 20 avril 2008 à 16:36