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Remue-méninge pour quel changement ?

Attali Permanence hier à Brin-sur-Seille, extrême-Orient de ma circonscription de député : questions angoissées sur des mesures du rapport Attali. L'assistance réagit. Certains regrettent qu'un rapport qui doit ouvrir un débat provoque des refus catégoriques avant une réflexion. Les mêmes rappellent que ce jeudi est jour de grève sans se souvenir de son motif, déplorent les mouvements sociaux de l'automne dernier contre l'alignement des régimes spéciaux de retraite et la modernisation des universités. Ils concluent à l'impossibilité de transformer paisiblement le pays. Pourtant des signes contraires s'accumulent : l'accord des partenaires sociaux sur le contrat de travail signé par quatre syndicats (FO, CFE-CGC, CFTC et CFDT) sur cinq lundi montre que le dialogue social fonctionne pour traiter des réformes pourtant jugées explosives : allongement de la période d'essai, rupture du CDI par consentement mutuel, CDD plus long pour des missions de cadre, en contrepartie de garanties plus importantes pour les salariés en matière de formation tout au long de la vie. Et tout celà alors que nous votons à l'Assemblée la fusion de l'ANPE et de l'ASSEDIC, avant que les négociations sociales ne portent sur la représentativité et le financement des syndicats... Je veux voir le verre à moitié plein et croire que le débat sans tabou de la présidentielle en 2007 a ouvert le champ des possibles. Les acteurs économiques, sociaux, locaux, civils sont prêt à prendre leur part du changement. De ce point de vue les débats publics suite au rapport Attali, si les interlocuteurs sont respectés et le temps pris, peuvent nous faire franchir une étape dans la voie d'un changement collectif enfin concerté. A chacun de s'y coller là où il est en responsabilité!

Un entier indivisible

Laicit Pour moi, la laïcité est un principe entier. Elle n'a pas besoin d'adjectif, de modulateur, de régulateur ou d'adaptateur... Elle fait vivre la devise républicaine : liberté de croire ou pas, égalité des religions dans un Etat qui garantit la neutralité de la sphère publique, fraternité rendue possible par ce principe qui apprend le respect de la diversité. Les radicaux ont toujours défendu la laïcité, et les Français aussi quand ils la sentent menacée dans la vie de tous les jours. Il suffit de se souvenir du débat et des inquiétudes populaires, des mouvements d'opinion autour de la question du port de signes religieux à l'école. C'était il y a quelques années seulement qu'une loi votée en 2004 dispersait le trouble d'un avis du Conseil d'Etat de 1989 érigé en dogme par le Gouvernement d'alors. Le Président de la République a dû s'en souvenir en rappelant devant les autorités religieuses avant-hier son attachement au principe de laïcité.

Un souffle d'histoire

Tonyblair Le moment surprenant et passionnant du Conseil national de l'UMP samedi à la porte de versailles fut le discours de Tony Blair. Venu parler d'Europe dans un français parfait, parvenant même à transcrire dans notre langue l'humour anglais, il fit partager la part d'histoire qu'il porte pour toujours à plus de 3000 auditeurs silencieux et conquis. Il expliqua les principes ayant guidé son action de1997 à 2007 à la tête de l'Etat britannique. La mondialisation ? Une évolution inéluctable, mais pas incontrolable. Elle s'accompagne d'ailleurs de la fin des idéologies. Mais après la chute du mur de Berlin, il reste encore les valeurs. L'engagement politique ? Il s'en trouve plus réaliste, plus concret, puiqu'il s'agit de dire quelles valeurs défendre et comment les mettre en oeuvre dans la vie quotidienne des gens. Achevant son propos, il confirma faire une différence entre gauche et droite, il expliqua surtout que dans ce monde en mouvement perpétuel, la frontière majeure était entre ceux qui regardent le passé et en défendent les idéologies et ceux qui entendent dessiner l'avenir avec la palette de leurs valeurs. Pour lui, les personnels politiques passéistes prennent une responsabilité majeure qu'il faut dénoncer car "dans un monde qui change, malheur à celui qui stagne..."