« septembre 2007 | Accueil | novembre 2007 »

Un vote en conscience

An Aujourd'hui se tenait le vote solennel du projet de loi relatif à l'immigration. Bien qu'approuvant beaucoup des mesures de ce texte, je me suis abstenu. Pour marquer mon désaccord sur l'amendement permettant le recours aux tests ADN pour établir le lien de filiation avec la mère dans le cadre d'une demande de regroupement familial. La mesure fut encadrée par de nombreux ajouts à l'Assemblée nationale comme au Sénat : volontariat, intervention du juge, gratuité du test, utilisation à défaut d'état-civil probant. Et j'ai reçu à ma permanence plusieurs personnes étrangères, privées d'état-civil dans leur pays d'origine, qui se retrouvent dans l'impossibilité de faire venir leurs enfants faute de pouvoir prouver le lien de parentalité. Mais le texte sur l'immigration n'est pas le cadre d'une telle mesure, pour laquelle on doit garantir l'égalité de traitement des nationaux et des étrangers face à des principes civils à l'impact éthique évident. Surtout, le temps et la sérénité ont manqué pour légiférer avec sagesse et réflexion, en tout cas de mon point de vue. Si la détresse de quelques uns pousse à agir sur ce sujet, la loi impersonnelle et générale impose la retenue. c'est finalement cette conviction qui a emporté mon choix.

Polémique épistolaire autour de Guy Môquet

HGuy_moquetier matin, j'étais accueilli par une classe du lycée Jeanne d'Arc à Nancy pour la lecture de la lettre d'adieu de Guy Môquet à sa famille. Loin des polémiques syndicales et du brouhaha médiatique qui sévit depuis quelques jours sur cette décision du Président de la République de faire lire cette lettre poignante, la classe d'une trentaine d'élèves s'est laissée prendre par la beauté simple et émouvante de la lettre. Les élèves ont réagi, tantôt surpris par l'absence de haine de cet écrit, tantôt touchés par le sort de ce jeune résistant communiste fusillé le 22 octobre 1941 au même âge, voire plus jeune qu'eux. Sens de la famille, dévouement patriotique, horreurs de la seconde guerre mondiale, toutes les clés de ce courrier testimonial furent utilisées pour des questions personnelles, générationnelles et pour jeter un regard de citoyen critique sur le monde d'aujourd'hui. La paix sur notre continent contrastant avec les guerres et génocides encore commis dans d'autres régions du monde. Bien sûr, la volonté de certains professeurs d'éviter toute instrumentalisation politique de la lettre de Guy Môquet et de l'utiliser avec toute sa force pédagogique est compréhensible. Gageons d'ailleurs que le temps le permettra. Simplement, j'ai trouvé que la profondeur des réflexions et échanges des élèves avec qui je me trouvais comble l'ultime voeu du jeune martyr fusillé quand il écrivait : "ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose".

Marathon budgétaire

Marathon Commencé par des auditions de la commission des finances dès septembre, l'examen du budget de l'Etat pour 2008 s'est accélérée depuis mardi, avec l'examen de projet de loi de finances (PLF) en séance publique. C'est un véritable marathon parlementaire qui se déroule, d'abord parce qu'il occupe l'Assemblée, et notamment les commissaires aux finances, pendant deux mois, jusqu'à la mi-novembre, pour reprendre avant Noël. Marathon aussi car les députés doivent se partager entre réunions en commission pour examiner les amendements et les rapports et débats en hémicycle, de 9 heures à 2 heures, du mardi au vendredi ; l'endurance devient alors la vertu parlementaire majeure. Surtout jeudi et vendredi, jours de grève dans les transports, et donc de marche dans Paris ! Pour le cru 2008, j'ai souligné dans mon intervention en discussion générale l'équilibre trouvé entre réduction accrue du déficit et soutien à la croissance et à l'innovantion, tout en insistant sur le respect du plan de cohésion sociale, levier efficace de baisse du chômage depuis 30 mois... Le marathon se poursuit pendant encore 20 jours, donnant une occasion unique de visiter toutes les politiques publiques, de sortir des couloirs administratifs cloisonnés pour aller vers plus de cohérence. Un pouvoir majeur du Parlement à exercer pleinement !

Rendez-vous mercredi 17 octobre...

Refus_misre Aujourd'hui au centre de Nancy, ATD Quart Monde organisait des espaces de dialogue et des animations pour sensibiliser le grand public à la journée mondiale du refus de la misère. Elle aura lieu mercredi, 20 ans après la première édition le 17 octobre 1987. Cet évènement planétaire veut mobiliser l'opinion sur le combat contre la pauvreté. Partout dans le monde, en France aussi. D'autres personnalités politiques étaient présentes lors de la lecture de témoignages, comme ma collègue députée Valérie Rosso-Debord ou le président socialiste du Conseil général Michel Dinet. Côte-à-côte malgré les différences politiques, et ce n'est pas un hasard. L'état d'esprit de la journée le permet, celui du rassemblement des humanistes, sans polémiques politiques qui divisent, sans abus idéologique qui caricature et paralyse. Une belle démarche : s'indigner, se comprendre, s'unir pour faire, comme le disait Lévinas, "des droits de l'homme, des droits de l'autre homme". Alors, n'oublions pas, mercredi 17 octobre...

Journaliste d'un jour

Echos Le grand quotidien économique "Les Echos" renouvelait hier son initiative d'une rédaction invitée. Cette année, c'était au tour de 80 députés de rédiger, en apprentis journalistes, un numéro entier des Echos, celui du lundi 8 octobre 2007. Contacté dans le lot, je me suis vu confier avec mon collègue socialiste de l'Isère, André Vallini, le soin de préparer la page "enquête". Il s'agissait de recueillir le point de vue de députés expérimentés sur les nouveaux élus de 2007. Pendant trois jours, j'interrogeais des figures du Palais Bourbon, apprenant qu'il était parfois difficile d'obtenir des politiques des réponses précises. La légendaire franchise de Maxime Gremetz m'a aidé à délier les langues... Mon papier rendu avant la journée de travail en rédaction, je fus gratifié dimanche d'un second sujet : la stratégie du groupe Bouygues dans le secteur électro-nucléaire alors qu'il se porte actionnaire à 30% du groupe Alstom. Un tout autre exercice commençait pour moi : comprendre en quelques heures un sujet inconnu, enquêter et donner en 50 lignes une analyse complète de la question. Une autre facette du travail de journaliste. L'ambiance au siège des Echos fut chaleureuse, joyeuse. En échangeant les rôles, politiques et journalistes semblaient plus détendus ensemble. Comme le dit Patrick devedjian, il ne reste plus qu'à accueillir à ma place pendant au moins une journée en circonscription un journaliste des Echos... A charge de revanche donc !

paroles présidentielles

Nselyse Hier soir, le Président recevait à l'Elysée les parlementaires de la majorité. Ses propos ont surtout apporté de la cohérence en cette période de reprise de session au Parlement : rester fidèle aux changements promis pendant la campagne et voulus par les Français, amplifier la croissance française par l'investissement en évitant qu'une austérité sans mesure lui donne un coup de frein définitif, poursuivre l'ouverture car nos concitoyens attendent que la réforme s'accompagne du rassemblement le plus large possible. De nombreuses positions et propositions concernant le travail, la croissance et les questions sociales émaillaient le discours de Nicolas Sarkozy. Parmi elles, j'en ai relevé une qui me semble courageuse et nécessaire : imposer les stock options pour financer notre protection sociale. Courageuse parce que l'idée circule depuis longtemps -encore dans un dernier rapport de la Cour des Comptes- mais n'a jamais été décidée par les précédentes majorités, quelle que soit leur couleur politique. Nécessaire parce que le défi du financement de notre protection sociale est immense. Il nous faut à la fois trouver les moyens de relever les défis du vieillissement, de la dépendance et faire moins peser sur l'emploi en France le coût de notre solidarité. Pour celà, il nous faudra faire contribuer les produits importés comme les bénéfices des entreprises. La parole présidentielle ouvre une voie difficile mais salutaire pour notre sécurité sociale. A suivre donc, avec sens du dialogue... et détermination.