Sécurité professionnelle chez Clarion
J’ai accueilli hier dans ma circonscription Gérard Larcher, ministre délégué à l’emploi, avec qui j’avais travaillé main dans la main autour de Jean-Louis Borloo pour lancer le plan de cohésion sociale. Après un passage au CFA de la restauration et de l’industrie hôtelière rue Henri Bazin pour discuter de l’apprentissage, et un débat au Medef avec tous les partenaires sociaux sur la sécurité sociale professionnelle, nous voilà partis chez Clarion à Custines. J’avais envie de montrer à Gérard une entreprise exemplaire, application concrète de la sécurité sociale professionnelle dont nous avions parlé le matin.
Clarion, entreprise japonaise, est leader mondial dans la fabrication d’autoradios pour l’automobile. Jusqu’en 2002, le site de Custines, fort de 140 salariés, était une unité d’assemblage des autoradios. En 2004, face à la concurrence accrue et aux mutations internationales du marché de l’automobile, l’entreprise a préféré prendre les devants, et transférer son activité de production en Hongrie pour changer d’activité plutôt que de disparaître. C’est aujourd’hui pari gagné, puisque, sous l’impulsion de Jean-Claude Rouers, le site de Custines est devenu la plate-forme de service après-vente de Clarion pour l’ensemble de l’Europe, et il supervise également depuis peu le centre de qualité de l’entreprise et le contrôle de la logistique pour toute l’Europe.
Cela ne s’est pas fait sans difficultés. Le transfert de l’activité de production concernait une quarantaine de personnes. L’entreprise a déjà cherché à reclasser en son sein, et dix personnes ont pu changer de métier. Pour les trente autres salariés concernés par le plan de sauvegarde de l’emploi, Clarion a mis en place une cellule de reclassement, qu’elle a entièrement financée sur ses fonds propres, pour accompagner et soutenir le salarié pour retrouver un autre emploi. Résultat : toutes les personnes qui ont bénéficié du suivi individualisé ont été reclassées dans les douze mois ! Deux anciens salariés ont même pu créer leur entreprise. Et parallèlement, Clarion a embauché dix nouveaux salariés pour réussir sa mutation.
La démarche a été exemplaire. Le plan de sauvegarde de l’emploi a été voté à la très grande majorité et accepté par tous les syndicats. La clé du succès ? Une représentante des salariés au comité d’entreprise nous l’a expliquée simplement : « la direction ne nous a rien caché. Et toutes les promesses ont été tenues ».
Comment réagir pour faire, comme Clarion à Custines, de la mondialisation non pas une menace mais une force ? En anticipant et en accompagnant. Les outils que Clarion a utilisés sont désormais disponibles pour tous, notamment grâce au plan de cohésion sociale, qu’il s’agisse de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ou des contrats de transition professionnelle. Bref, l’ « esprit Clarion » est transposable. A nous de le promouvoir

Bel exemple et intéressante argumentation... par vos billets un peu long (!!!), vous apportez du contenu et un éclairage pédagogique et constructif...merci du temps passé à transmettre et partager vos opinions...
Rédigé par:sophie | le lundi 12 mars 2007 à 23:42
C'est clair que c'est pédagogique, et c'est lumineux par rapport aux discours toujours pessimistes face à la mondialisation ! Une hirondelle ne fait pas le printemps mais quand même !
Rédigé par:Jules | le jeudi 15 mars 2007 à 01:19
C'est effectivement un bon exemple pour tous ceux qui critiquent l'esprit "capitaliste" des "méchantes" entreprises...Comme quoi, on peut concilier l'économie et le social...
Petit point qui m'interroge : Clarion a pris la responsabilité du reclassement de ses salariés, et d'après ce que vous dîtes, le plan de cohésion sociale généralise pour tous une telle prise en charge. Est-ce donc l'Etat - via le CTP - qui finance en partie ce qui devrait relever de la responsabilité des entreprises ? N'est ce pas un peu "déresponsabilisant" et désincitatif pour des entreprises qui auraient la bonne idée de se comporter comme "Clarion" ?
Rédigé par:Alice | le jeudi 15 mars 2007 à 15:57
Bonjour M. Hénart ,
Je tenais à vous remercier de votre visite ainsi que de votre article .
Rédigé par:Eliane Monier | le vendredi 16 mars 2007 à 15:38
Bonjour,
Clarion a de sa propre volonté décidé de financer intégralement le reclassement de ses salariés. Dans ce cas, l’entreprise a vraiment anticipé les évolutions économiques, et avait donc encore les ressources financières pour le faire. Hélas, certaines entreprises sont confrontées plus soudainement à des revirements de la conjoncture, et ce n’est pas une raison pour laisser les salariés sur le carreau, bien au contraire. D’où l’implication, y compris financière, de l’Etat pour accompagner les salariés concernés vers un nouvel emploi.
Rédigé par:Laurent Hénart | le samedi 17 mars 2007 à 12:50