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Lucien, Bernard et Pierre

Primo20levi1 Ce matin, la ville de Nancy commémorait le souvenir de la rafle des 2 et 5 mars 1943. Rafle allemande à Nancy de jeunes hommes qui tentaient d’échapper au STO. 300 nancéiens furent envoyés en déportation, 30 en sont revenus. Lucien, Bernard et Pierre témoignent pour nous, pour le devoir de mémoire. Lucien Geindre, d’abord, raflé le 2 mars 1943 à midi au Palais de la bière, rue Saint Jean. Détenu 3 jours à Charles III, la prison de Nancy, il nous a raconté l’angoisse d’être enfermé, de tout ignorer de ce que sera son destin, d’être la victime de l’arbitraire de la terreur. Relâché miraculeusement, il ne rejoindra pas le cortège des déportés.  Lucien fut sauvé parce qu’il s’est glissé à l’appel dans le groupe des ouvriers des acieries de Pompey, dont les forces occupantes avaient besoin. Bernard Giry, ensuite. « Le 2 mars 1943, m’a-t-il dit, était une belle journée, froide avec un magnifique soleil, comme aujourd’hui. » Il se souvient du chemin qui l’a conduit de Nancy au camp de Mathausen. Il se souvient pour nous, de ces quelques jours à Charles III, du transfert à la prison d’Ecrouves, près de Toul, des deux semaines à Compiègne et de la destination qui pour nombre de ses camarades sera la dernière, les portes du camp de Mathausen. Enfin, Pierre Ancelot, ce militaire français, raflé le même jour que Lucien, qui parcourt le même chemin que Bernard, jusqu’au camp. Il parle avec calme, avec une incroyable sérénité  de ces 26 mois de détention, de la maltraitance, de l’éreintement, de la mort. Et de son combat pour survivre, jusqu’au 5 mai 1945, jour de la libération du camp. Le devoir de mémoire va de plus en plus se faire en l’absence des témoins. Il nous faut trouver le moyen de faire vivre cette mémoire pour les nouvelles générations sans perdre l’émotion de ces hommes et femmes qui ont vécu l’indicible. Il faut faire lire les témoignages de ceux ont trouvé la force de raconter cette barbarie des camps comme Primo Levi dans « Si c’est un homme ».  L’émotion de ceux qui racontent peut seule nous aider à ne pas oublier

Commentaires

Jamais je n'oublierai que trois de mes petits cousins sont "partis" à Dachau et à Mathausen ; jamais je n'oublierai l'émotion avec laquelle un ami me racontait son arrivée dans un camp, en compagnie de ses parents, de ses deux frères et de sa petite soeur et de leur séparation, ses parents et la petite d'un côté, envoyés directement au four crématoire et eux, bon pour travailler...

Il faut le raconter à ses enfants afin que plus jamais l'horreur ne se reproduise.

Raconter à ses enfants, oui, faire perdurer la mémoire, oui...
mais aussi comprendre les mécanismes humains et administratifs qui ont mené à l'holocauste;

administratifs: le partage des responsabilités qui conduit à l'irresponsabilité ...

Humains: admettre que l'Homme possède cette faiblesse de pouvoir se soumettre à une autorité,pour des actes qui vont à l'encontre de sa conscience (cf le test de Milgram: http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram
(pas facile à admettre)

et puis aussi transmettre et cultiver le devoir de désobéissance, (même devant la loi) et se rendre prêt à en assumer les risques et les conséquences... (facile à dire...)

bonjour laurent,
antiraciste depuis toujours, marqué dans ma chair,1 ministére de l'immigration et etc...me révulse, tout comme je l'espére les mbs.du parti radical socialiste.Candidat député, ton appréciation svp pour éclairer les esprits de tes amis.?

Cher Léon,
Tu connais mon engagement, le même que le tien, pour les valeurs de la République. Je suis désolé de ne pas avoir pu te répondre avant, et tiens bien sûr à le faire.

En clair, je n’ai pas aimé la formule, et je la regrette.

D’une part, l’identité nationale a surtout à voir avec l’éducation, la culture, la citoyenneté. Il faut sur ce sujet éviter tout amalgame de mots.

D’autre part, je suis convaincu que l’immigration est et doit être un vrai sujet de politique publique. La plupart des pays européens ont une politique de l’immigration et un ministère qui s’en occupe. Il faut veiller à ne pas piller aveuglément les ressources humaines des pays en développement, et il faut être sûr d’accueillir les nouveaux arrivants avec dignité et en leur donnant la capacité de s’intégrer, y compris par la langue et le partage des valeurs qui fondent notre pays. Immigration rime donc avec intégration.


J'ai lu quelque part (ou entendu je ne sais plus)que s’il y avait eu, en 40, les mêmes possibilités de contrôle des individus et des déplacements(caméras, satellites, cartes...)qu'aujourd'hui, la résistance aurait été étouffée dans l’œuf...

Si le devoir de mémoire c'est aussi tout mettre en oeuvre pour que jamais plus les conditions qui ont conduit au nazisme à la Shoah ne soient réunies, alors verrouiller les pays et les hommes va à l'encontre de ce devoir ...

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