Stanley, à la suite de votre commentaire et votre question, le billet de ce jour vous est dédié.
Pour un lorrain, l’Europe est une évidence. Seule région frontalière à trois pays européens, la Lorraine a tout au long de son histoire subi les guerres qui ont saigné l’Europe. La paix durable en Lorraine ainsi que les échanges sociaux, culturels et économiques nous montrent chaque jour ce qui nous lie à l’Europe.
Aujourd’hui, le défi pour les Françaises et les Français est de faire face à la mondialisation, de continuer à créer des richesses, et de conserver les protections sociales bâties depuis deux siècles, tout en gardant notre vitalité culturelle. Et tout cela, soyons lucides, avec des salaires vingt fois plus bas en Inde ou en Chine qu’en France, et une culture américaine qui a su, en même temps qu’elle s’affirmait comme une résistance au communisme, imposer largement son modèle. L’Europe, c’est le seul moyen pour la France de résister à ces deux évolutions massives.
Depuis l’élargissement de 15 à 27, doublé du « non » français au référendum, l’Union européenne est en panne. Pour réussir sa relance, trois conditions :
- d’abord, se concentrer sur le blocage institutionnel. Les décisions à 27 Etats sont aujourd’hui prises selon une procédure prévue pour 6. Cela ne peut pas marcher. Il nous faut avancer rapidement pour développer le vote à la majorité qualifiée, établir une vraie présidence de l’Union européenne, et choisir un visage commun pour porter la voix européenne dans le monde. C’est pourquoi je pense qu’il faut que nous adoptions à 27 un traité uniquement institutionnel. Il faut se mettre d’accord sur ces moyens, pour que l’Europe puisse de nouveau avancer.
- ensuite, nous mettre d’accord sur le sens du mouvement. C’est ce qui n’était pas clair dans la campagne du referendum de mai 2005, et c’est ce qui a porté la victoire du non. Il faut dire sur le plan économique, social, culturel, quelle est la conception que nous donnons au modèle européen. Il m’apparaît nécessaire que se manifeste une volonté sociale européenne aussi forte que les énergies déployées pour mettre en place le libre échange. Ce texte devra être approuvé ou refusé par le peuple. Ce sera la vraie réforme du traité de Rome.
- enfin, la relance européenne exige des efforts des élus et des responsables politiques. Beaucoup de citoyens qui ont voté « non », ont été abusé par des gens crédibles. Que l’extrême gauche ou l’extrême droite, qui conteste le modèle républicain, fasse la campagne du non, c’était dans la logique des choses. En revanche, que des républicains se présentant à des élections pour exercer le pouvoir, avec des responsabilités, appellent à voter « non » et en appellent à un plan B, qui n’est jamais venu, ce n’est pas à la hauteur de l’enjeu européen.
Nous fêtons les cinquante ans du traité de Rome. Il faut renouer avec l’esprit de Rome : des règles claires et efficaces entre les Etats, le sentiment qu’on défend un modèle commun et surtout des élus responsables et courageux, plutôt que démagogues et tacticiens.
Les commentaires récents