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Le Haut-du-Lièvre en 54000

Hdl Samedi matin, au centre du courrier de Laxou-Champ-le-Bœuf, le code postal « 54100 » identifiant le quartier du Haut-du-Lièvre a définitivement été supprimé. La Poste avait instauré ce code en 1964 pour faciliter la distribution du courrier dans le quartier du Haut-du-Lièvre. Mais depuis quelques années, le 54100 était devenu un marqueur, un objet de discrimination pour les chercheurs d’emploi du quartier. Les maisons de l’emploi et les missions locales ont remarqué que le simple fait de voir le code postal du « Haudul » sur un CV effrayait certains employeurs, les décourageant même de convoquer à un premier entretien d’embauche.  A tel point que certains demandeurs d’emploi  préféraient encore inscrire 54000 sur leur adresse, au risque de ne pas recevoir tout leur courrier, plutôt que de préciser leur quartier d’habitation.

Ce sujet avait été abordé lors des "Ateliers République" que j’avais montés en mai dernier avec les nancéiens. Et déjà, dans la table ronde dédiée à la lutte contre les discriminations, l’idée de supprimer le « 54100 » était apparue comme une première réponse concrète. En janvier, j’avais rencontré le Directeur départemental de la poste, et m’étais fait le porte-parole de cette proposition. Il a pu, à l’occasion de la modernisation des machines de tri de la Poste, prendre en compte cette demande des habitants du Haut-du-Lièvre. C’est une vraie victoire. Car si c’est bien sûr important de légiférer ou de signer des chartes, c’est surtout important d’accumuler les actes concrets pour lutter contre les discriminations.

"Nul ne peut être condamné à la peine de mort"

Peine_de_mort Grand moment d’émotion hier au congrès à Versailles lors du discours de Robert Badinter expliquant pourquoi l’abolition de la peine de mort devait être gravée dans la Constitution, et non plus seulement inscrite dans la loi. Il s’agit d’exprimer le respect absolu de la vie humaine : punir avec fermeté ceux qui violent la loi peut se faire sans décapiter, empoisonner, lapider.

L’opinion publique française soutient désormais l’abolition de la peine de mort, ce qui n’était pas le cas en 1981. Si le combat contre la peine de mort est gagné dans l’hexagone, il reste à conduire à l’échelle mondiale. Son inscription dans la Constitution est nécessaire pour permettre à la France de ratifier deux traités internationaux qui ont pour objectif de faire reculer la peine de mort partout dans le monde, le protocole n°13 additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, et le deuxième protocole facultatif au pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté à New York le 15 décembre 1989. En effet, ces traités prescrivent une abolition définitive de la peine de mort, ce qui empêche le législateur français de revenir sur ce qui a été voté en 1981. Seule une révision de la Constitution française pouvait le permettre, c’est désormais chose faite.

La France va pouvoir rejoindre les 16 pays européens et les 45 Etats dans le monde qui ont fait inscrire dans leur loi fondamentale que « nul ne peut être condamnée à mort ». En étant nous-mêmes exemplaires, nous serons d’autant plus forts pour mener le combat universel pour que partout les Etats s’interdisent de recourir à la peine capitale.

Tous à l'opéra (suite)

Opera_nancyDimanche après-midi, les journées européennes de l'opéra se clôturent au Ministère de la Culture. Et à l’heure du premier bilan, on ne peut que se féliciter des bons chiffres de cette première édition de l’opération « Tous à l’opéra ». Environ 75 000 visiteurs ! Notamment dans les opéras de Bordeaux, Lyon et de Massy. L’opera national de Lorraine avait choisi de proposer aux nancéiens de découvrir en exclusivité « Jules César en Egypte » de Georg Friedrich Haendel, en ouvrant les portes de sa générale continuo. Là encore un vrai succès, puisque 2500 visiteurs se sont relayés pendant ces dernières répétitions. Opération à renouveler donc en 2008 !

Tous à l'opéra

Figlh_1 Samedi 17 Mars, tous les opéras de France ouvriront leur porte. Pour évoquer cette manifestation, je vous propose de lire l'interview sortie dans le Figaro de ce matin, en tant que Président de la Réunion des Opéras de France. Et pour ceux qui le peuvent, un seul conseil : profitez de cette occasion unique pour découvrir ou redécouvrir le monde de l'opéra en assistant à des répétitions publiques, à des visites guidées dans les coulisses, à des rencontres avec des professionnels de l'art lyrique. Ce week-end, tous à l'opéra !

E2C

E2c

L’école de la deuxième chance de Nancy, dont j’avais pu valider la création quand j’étais au gouvernement, a officialisé hier après midi son installation définitive à la Maison de l’Emploi du Grand Nancy : un moyen pour l’E2C de bénéficier des synergies des autres services publics de l’emploi !

Lancées il y a plus de 10 ans, les E2C ont pour objectif d’offrir une deuxième chance aux jeunes et adultes sortis sans qualification de l’Ecole, qui sont près de 150 000 chaque année.

L’E2C repose sur 4 principes :

-         Prendre le temps de la découverte professionnelle.

Pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, l’élève de l’E2C peut partir à la découverte de différents métiers par des stages, lui permettant de prendre son temps pour choisir sa voie, sans se laisser influencer par les clichés qui entourent certains métiers.

-         Revenir à une formation via l’alternance

Des contrats de professionnalisation ( ¾ travail, ¼ formation) permettent d’acquérir un savoir-faire sans avoir l’impression de retourner sur les bancs de l’Ecole.

-         Préférer l’accompagnement à l’assistance

Il ne s’agit pas d’empiler des primes et des aides, mais d’offrir aux personnes qui suivent ce programme un suivi par un tuteur tout au long des étapes de ce parcours (stage, formation, début du contrat de travail). Le tuteur est là en appui tant pour les aspects formation/emploi que  pour l’environnement personnel.

-         Offrir un parcours sur mesure

A chacun son métiers, ses durées de formation, son mode d’accès à un emploi stable.

Vitaminées par le Plan de Cohésion sociale, avec le programme CIVIS, ces initiatives marchent. Il faut continuer de les développer et de les généraliser. En allant plus loin, je crois que certains de ces principes devront être intégrés dans le système éducatif pour permettre de prévenir l’échec scolaire.

Clin d’œil : Edith Cresson, Présidente de la Fondation des Ecoles de la deuxième chance, a fait plusieurs références dans son discours, aux difficultés que j’avais pu avoir avec Bercy pour imposer le CIVIS et financer ces contrats d’insertion pour les jeunes. Elle a reconnu, que même à Matignon, elle avait rencontré les mêmes obstacles…Comme quoi !

Cultivons notre Jardin !

Jardin Mercredi soir, j’ai retrouvé Alexandre Jardin à une manifestation organisée par Gilles de Robien. Il nous a présenté son site «commentonfait.fr», avec lequel il veut peser sur l’élection présidentielle. Le constat est simple : pendant la campagne, les propos sont généralement changeants, généreux et généraux, alors qu’aujourd’hui on sait souvent quoi faire, mais pas forcément comment le faire. Par exemple : il faut réduire la dette, ou lutter contre les délocalisations. Certes, mais comment ? Avec quels moyens ? Selon quel calendrier ? Chaque jour, le site Internet passe au crible une promesse sur un thème donné, le candidat doit préciser comment il compte réaliser la promesse, et les internautes sont mis à contribution pour donner des idées pour y arriver plus vite, moins cher, bref plus efficacement. Je crois que cette démarche est vraiment utile, car il ne s’agit pas de vendre n’importe quoi, et cinq ans c’est court, il faut donc être parfaitement opérationnel. Deux jours après avoir écouté Alexandre Jardin, un boucher du quartier de Mon Désert me tenait exactement les mêmes propos : les promesses, c’est bien, mais comment allez-vous y arriver ?

J’avais connu l’écrivain Alexandre Jardin lors de la loi sur le mécénat en 2003 dont j’étais le rapporteur à l’Assemblée. Il était venu me voir pour défendre le mécénat, et les incitations fiscales qui vont avec, pour toutes les associations qui oeuvrent en faveur de l’intérêt général, et pas seulement pour le secteur culturel. Il m’avait alors expliqué son action en faveur de l’association « Lire et faire lire », qui avait permis de mobiliser 11 000 retraités bénévoles faisant du soutien scolaire en faveur de ceux qui en ont le plus besoin. Nous avions alors fait inscrire dans la loi un amendement dans ce sens.

J’ai retrouvé un « Jardin » bouillonnant d’idées et toujours très concret. Je crois qu’on a besoin de ce type d’engagement, qui fait du bien à la politique. Alors merci Alexandre !

Africains nancéiens

Burkina_1BeninIl y a des vœux dont je voulais absolument vous parler mais le temps m’a manqué cette semaine : ceux de l’Association africaine de Nancy à la MJC Pichon. Occasion de se rencontrer et de discuter sans qu’il s’agisse de cas particuliers, mais bien du rôle de cette communauté super active dans la ville.

Nous avons été accueillis par Modeste Tiendrebeogo et Ange Yahouedeou, respectivement  les présidents des amicales burkinabaises et béninoises de Nancy. Leur message était clair et positif : "Utilisez nous !" Pour les politiques de coopération menées par la ville de Nancy, ces associations peuvent servir de relais pour mener des actions humanitaires ou des opérations de jumelage (cf mon billet du 16 novembre dernier). Mais ces associations veulent aussi avoir un rôle actif dans notre économie locale. D’origine étrangère ou étrangers, les membres de l’association se sentent 100% nancéiens. Parmi eux de nombreux entrepreneurs, artisans, commerçants et étudiants qui souhaitent partager leur énergie pour faire avancer notre ville.

Quelques jours après, les Italiens de Nancy m’ont invité à fêter la béfana. Là encore même énergie, même volonté de faire. Je crois que c’est essentiel qu’une municipalité sache connaître, reconnaître et soutenir ces associations qui font la diversité et la richesse de notre ville.

L'amendement Coluche

Logo_restos_du_coeur_1 C’était hier la journée « portes ouvertes » des Restos du Cœur de l’agglomération nancéienne. C’est une bonne initiative pour montrer aux Français, qui très souvent donnent avec générosité, comment leurs dons sont utilisés, et j’en ai profité pour me rendre dans deux Restos du Cœur de Nancy, celui de Nabécor et celui du Haut-du-Lièvre.

La première chose qui m’a frappé, c’est la mobilisation impressionnante des bénévoles : 26 personnes à Nabécor et 32 au Haut-du-Lièvre qui se mobilisent pour garantir pendant quatre mois une alimentation aux familles pauvres, et pour leur fournir une assistance plus générale à la personne (aide aux devoirs, soutien dans les démarches administratives, aide aux vacances…)

J’ai également été frappé par la rigueur que veillent à appliquer les Restos du Cœur : des règles, notamment en terme de revenus, sont appliquées, avec l’idée plus générale d’un équilibre légitime et accepté entre des droits et quelques contrôles et quelques devoirs.

Toute cette mobilisation généreuse m’a rappelé quand en 2003, j’étais rapporteur à l'Assemblée nationale de la loi pour le mécénat et les associations. Nous avions décidé de renforcer les réductions fiscales pour les dons en faveur de toutes les associations pour les porter à 66%, soit au niveau de l’amendement Coluche. L’amendement Coluche avait été défendu par l’humoriste il y a près de vingt ans, pour que les dons aux associations humanitaires d’urgence soient déductibles de l’impôt sur le revenu. Mais en 2003, à la suite de l’intervention de la veuve de Coluche, nous avons finalement décidé de maintenir un taux spécial, plus élevé, pour les associations d’aide d’urgence, en le portant à 75 %, pour marquer par la loi le caractère particulièrement utile de  ces associations.

En visitant ces Restos du Cœur, je suis convaincu que c’était la bonne décision.