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Le choc des mots, la légèreté des propos.

Guillotine Ecoutant, ce matin RTL et j’ai entendu l’intervention de Julien Dray sur le fameux « jury populaire ».  Ces propos m’ont révélé la « méthode Royal » : le choc des mots, la légèreté des propos. Choquer pour séduire, en allant dans le sens des citoyens électeurs, et à chaque fois la montagne accouche d’une souris !

On sait tous à quel point l’antiparlementarisme s’est développé depuis quelques années, l’abstention mine le débat citoyen et une méfiance profonde s’est instaurée vis-à-vis des élus. Quand Ségolène Royal lance aux médias qu’il faut que les élus rendent des comptes à des jurys citoyens, elle sait qu’elle surfe sur ce sentiment. Les mots sont choisis pour choquer la classe politique se mettre en avant, et marquer sa différence. Elle peut alors séduire des hommes et des femmes qui se disent qu’enfin ils vont être entendus, qu’enfin ils pourront faire passer leurs idées, qu’enfin il n’y aura pas que les hommes politiques qui décideront.

Mais dès qu’on évoque concrètement la mise en œuvre de la proposition, les propos s’allègent. Le jury n’est plus populaire, mais citoyen. Il n’est plus décisionnaire, il est consultatif. Il sort de la salle du Conseil des ministres ! Bientôt sûrement sera-t-il facultatif… ?

Une fois allégé, le jury citoyen de Ségolène Royal ressemble étrangement à ce qui se fait à Nancy comme dans toutes les villes de France. Les outils de participation ne manquent pas : des enquêtes publiques à la concertation locale autour de projets, des comités de quartier aux panels citoyens, sans oublier les consultations des associations. La différence de ce jury citoyen, c’est qu’on remplace l’engagement volontaire par l’aléa du tirage au sort. C’est sûrement utile pour diversifier les modes de participation mais cela ne peut être l’alpha et l’oméga de la vie civique !

On s’expose surtout à la grande déception des citoyens, qui croyaient décider alors que la décision sera toujours prise par l’élu. Interrogé sur l’abolition de la peine de mort- on sait qu’à l’époque 70% des Français se prononçaient en faveur de la peine capitale- Julien Dray, a affirmé que sur cette question, on n’aurait pas écouté les jurys citoyens… donc jury citoyen ou pas, il ne s’agira que d’un avis de plus...

Le problème n’est pas la mesure en elle-même, déjà utilisée et qui a son utilité. C’est l’emphase de sa présentation qui nourrira la déception de ceux qui y auront cru et renforcera un poujadisme que nous paierons tous

Hommage marseillais

Asnl_2J’étais mardi soir à Marseille, pour les assises de la professionnalisation des services à la personne. C’est donc à distance, dans une autre grande ville de football, que j’ai pu suivre la nouvelle victoire de Nancy. Et les marseillais- grands amateurs de football devant l’Eternel- m’ont chaleureusement félicité pour le magnifique parcours de l’ASNL. Après le deuxième tour de l’UEFA et la troisième place provisoire de la Ligue 1, voilà le quart de finales de la coupe de la Ligue ! J’avais pu mesurer la force de l’esprit d’équipe quand j’avais eu la chance d’accompagner en septembre les joueurs au déplacement en Allemagne en coupe de l’UEFA, face à l’équipe de Schalke 04. Leur énergie donne plaisir à voir, et porte haut les couleurs de Nancy. En un mot bravo !

Borloo à Nancy

Borloo Jean-Louis Borloo a inauguré ce matin la maison de l'emploi de Nancy. A cette occasion, tous les adhérents de la Féfération radicale de Meurthe-et-Moselle sont invités à venir partager un moment d'échanges et dialogue avec lui à 11h30 au Palais des Congrès de Nancy. A toute à l'heure! Pr

« Citoyens, jeunes majeurs 2006 »

Haut_du_livreJ’étais lundi soir invité à la maison de quartier de Jarville à partager le fruit d’un long travail, celui de six jeunes de Jarville et du quartier du « Haut du Lièvre » sur le fonctionnement de la démocratie et le rôle du politique sur la question de l’égalité des chances.

Après des mois de rencontres et de débats avec les représentants de tous les échelons du pouvoir - de la Mairie au Conseil général, de l’Assemblée nationale au Sénat -, ces jeunes garçons soutenus par leurs éducateurs ont réussi à produire un film remarquable. Parmi ces jeunes « réalisateurs » des quartiers, tous les profils : lycéens ou étudiants, au travail ou en recherche d’emploi. Un même message à faire passer: la nécessité de prendre part au vote et de faire entendre sa voix dans le débat public.

Ce film a donné lieu à un débat animé. Tous - élus, associations, familles-, nous avons admis que les difficultés rencontrées par les jeunes des quartiers sensibles, ne pouvaient être assimilées à des problèmes d’intégration. Il ne s’agit pas d’immigrants mais bien de Français et leur origine étrangère ne permet pas de les assimiler à de nouveaux entrants sur le territoire.

Pourtant, ces jeunes sont confrontés à des problèmes d’insertion. Dans les quartiers, le chômage des jeunes de moins de 25 ans atteint presque 40% ! Comment répondre à cette question de cohésion sociale ?

Là, les réponses divergent. Certains pensent qu’affirmer l’égalité de droit suffit. Pour ceux–là, recenser les différences des uns ou des autres, c’est déjà aller à l’encontre de ce principe républicain. Pour d’autres- et je suis de ceux-là-, il n’est plus permis de se voiler la face. Il est impératif de reconnaître collectivement que la couleur de peau, le statut civil, le quartier sont discriminants. Les jeunes présents dans la salle en ont témoigné : la couleur de peau ou la consonance d’un nom peuvent malheureusement être un frein à l’embauche. Après ce constat, il est difficile d’apprécier la solution la plus adaptée. Mais qu’il s’agisse de la diversité active telle que défendue par le Ministre Azouz Begag ou de la discrimination positive proposée par Nicolas Sarkozy, ces solutions ont le mérite de regarder en face cette réalité. La HALDE a d’ailleurs pour rôle de sanctionner ces discriminations et il était fort intéressant que la rencontre de ces jeunes et de Louis Schweitzer, Président de la HALDE, soit largement relayée dans le film. Pointer du doigt ces discriminations et les punir permet une prise de conscience collective du travail qu’il reste à accomplir pour que le principe d’égalité soit réel pour tous, partout.

En tout cas, je remercie Karim, Souphyan, Abdelani, Karim, Yassine, Mohamed et leur animateur Laurent Lider de m’avoir associé à cette initiative, illustration d’une démocratie bien vivante.

Proposition de loi sur le génocide arménien : une dangereuse faute

Vote_loi_gnocide Hier, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi du groupe socialiste visant à pénaliser la négation du génocide arménien. La contestation du génocide arménien serait passible de cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Je pense que cette loi est inutile et contre-productive, et je ne l’ai pas votée.

Mon opposition ne porte pas sur le fond du problème. Le génocide arménien est une page noire de l’Histoire. Faire l'apologie d'un génocide, appeler à la violence et à la haine envers une communauté est évidemment un délit, d'ores et déjà sanctionné par le Code pénal. Et je souhaite que la Turquie fasse son travail de mémoire, comme chaque pays se doit de le faire. Mais c’est à la diplomatie de l’y inciter, comme l’a fait le Président de la République le 30 septembre dernier, et pas à des pétitions de principe qui ne pourront d’ailleurs pas la contraindre.

C’est sur la forme que je suis résolument contre. Le groupe socialiste a inscrit la proposition de loi dans le cadre de la « niche parlementaire », c’est-à-dire le peu de temps où l’Assemblée maîtrise elle-même son ordre du jour : est-ce une initiative positive pour revaloriser le rôle du Parlement ? Non, car ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire ! Le Parlement est un lieu de débat, où les idées politiques se discutent. Or  le génocide arménien est une vérité historique, qui n’a pas à être débattue. Les politiques n'ont pas à s'ériger en « ministère de la vérité », la loi n’est pas l’outil adapté pour écrire l’histoire. Que les livres d’histoire traitent du génocide arménien, qu’on l’enseigne dans les écoles, c’est nécessaire ; qu’on en parle dans le débat public, c’est salutaire ; que les politiques seuls réécrivent l’Histoire, c’est dangereux.

Le Parlement a déjà fait l’erreur des « lois mémorielles », et je pensais que la polémique justifiée sur la loi reconnaissant le rôle positif de la colonisation nous avait collectivement vaccinés. Voter la proposition de loi du groupe socialiste, c’est refaire la même erreur. C’est pourquoi je ne l’ai pas votée.

Texte énergie : pourquoi j’ai refusé de voter.

Suezgdf_1Mardi 3 octobre : vote solennel à l’Assemblée nationale du fameux texte Energie. J’ai décidé de ne pas prendre part au vote.

Pourquoi ? Qu’y a-t-il en filigrane derrière ce texte ? La privatisation de Gaz de France. Or, en 2004, l’Etat s’était engagé à rester actionnaire à au moins 70% de GDF. Cette loi permettrait de passer à une participation de 34%.  Ce changement de statut s’explique, bien sur, par l’opportunité de faire fusionner GDF et le groupe Suez. Il me semble que cette décision ne peut pas être prise si vite.

Il est évident qu’il existe aujourd’hui un marché mondial de l’Energie, un marché en tension et les pays consommateurs doivent s’organiser pour faire face à cette hausse des prix par à coups. La France, qui fait partie de ces pays uniquement consommateurs,  a tout intérêt à faire du groupe GDF un poids lourd européen. C’est pourquoi le principe de l’intégration de GDF dans un grand groupe énergétique et gazier ne me pose aucune difficulté de principe.

Si je n’ai pas souhaité voter ce texte, c’est qu’il me semble qu’on a voulu faire signer un blanc seing au Parlement, en faisant intervenir les députés en début de chaîne. En fin de chaîne, nous aurions pu procéder à un vote éclairé ! Pour voter ce texte encore aurait-il fallu attendre l’avis de la Commission européenne sur cette fusion GDF/ SUEZ, qui ne manquera pas de faire évoluer leurs activités et incitera à trouver d’autres alliances européennes. Il aurait aussi été pertinent de savoir la position des actionnaires de Suez, qui pour l’instant ne se sont pas engagés sur le détail des conditions de fusion avec GDF.

En même temps, ce texte comprend des mesures positives, dont certaines sont nécessaires pour faire face à la crise de l’énergie. Ainsi ce texte s’inscrit parfaitement dans le processus européen d’ouverture économique du secteur de l’énergie, validé par l’ensemble des pays européens lors du sommet de Barcelone. Droite et gauche confondues ont signé ces engagements qu’il nous faut aujourd’hui honorer. Cette loi propose donc une libéralisation du  secteur, mais encadrée pour permettre le maintien de tarifs réglementés pour les particuliers et les entreprises. En effet, la détention du capital n’a rien à voir avec le mode de fixation des tarifs qui restent déterminés par l’Etat, sous le contrôle de la Commission de la Régulation de l’Energie.

Ces mesures sont positives, et c’est pourquoi je ne veux pas voter contre le texte Energie. Simplement ? je n’ai pas en tant que parlementaire les éléments pour prendre une décision raisonnée sur la privatisation de GDF, voilà pourquoi je n’ai pas pris part au vote.