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Première de ateliers République

ArLes premiers « Atelier République » ont eu lieu ce samedi matin. Une cinquantaine de personnes se sont retrouvées dès 8 heures 30 pour discuter librement, en dépassant les débats convenus, et pour présenter, chacun à sa façon, ses idées, ses réflexions, ses propositions.Les participants ont choisi de discuter de deux thèmes, d’une part la vie associative et plus largement de la participation citoyenne, d’autre part l’emploi, la formation et l’intégration. L’atelier sur les associations a été particulièrement animé. Beaucoup ont exprimé leur souci de préserver le bénévolat, fondement de l’activité associative, pour faire vivre le tissu dynamique des « petites » associations, à côté de grosses structures avec des professionnels et des moyens importants. Longues discussions sur les fondations et le mécénat qui ont aussi montré que, pour beaucoup, les entreprises pouvaient aider à concrétiser des actions à but non lucratif, à vocation culturelle, humanitaire, en plus du soutien des pouvoirs publics.

Discussions passionnées également au sein de l’atelier « emploi ». Quand j’ai rejoint cet atelier au milieu de la matinée, l’orientation était au cœur de la réflexion : comment aménager les filières universitaires pour qu’elles intègrent une dimension professionnalisante ? Les différents organismes d’orientation des jeunes ne pourraient-ils pas plus fédérer leurs efforts ? L’apprentissage junior est-il une bonne idée ? Emploi des jeunes, cités, économie solidaire, formation : sur tous ces sujets, j’ai été frappé par le constat presque unanime d’une trop forte fragmentation, entre les jeunes et les moins jeunes, entre les banlieues et les centre-villes, entre l’économie marchande et l’insertion sociale, entre l’enseignement des savoirs fondamentaux et la formation par alternance. Et au bout de ce constat, les propositions commençaient à se dessiner. L’envie de s’exprimer, mais aussi la capacité d’écoute de tous les participants a renforcé ma volonté de faire vivre le débat dans ces « laboratoires d’idées ». Dès le 31 mai à 20 heures 30 à la Fac de droit, fort de cette matinée de réflexion, nous pourrons dialoguer avec Louis Schweitzer et Jean-Louis Bernardin sur le thème de l’égalité de chance. Et c’est encore enrichi que nous nous remettrons à réfléchir collectivement les samedis 3 et 17 juin.

Les ateliers République

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Cet été, pendant la campagne, j’avais ressenti l’envie de discuter, de proposer, de débattre. C’est dans ce sens que j’ai ouvert ce blog. C’est pourquoi aujourd’hui je vous propose de participer aux « Ateliers Républiques », espace de débats où chacun proposerait ses idées que je pourrais ensuite relayer.

Les événements actuels m’ont conforté dans cette voie. Après le

21 avril 2002

et le non au référendum sur la Constitution européenne, la crise du CPE a montré combien il fallait dialoguer, écouter et expliquer en amont de la prise de décision. Avec les Ateliers République, nous pouvons débattre en avance plutôt qu’essayer de corriger trop tard. Pour donner le meilleur du débat, les Ateliers République sont articulés autour de deux rendez-vous complémentaires. Je souhaite aujourd’hui vous présenter les rendez-vous du débat, et je vous présenterai dans un prochain billet les rendez-vous des ateliers. Le principe est simple : sur un thème donné, deux fortes personnalités connues pour leur engagement confrontent leur point de vue à l’occasion d'un grand débat qui laissera libre cours à vos questions et interventions. Chacun d'entre nous y trouvera matière à orienter ses propres choix et à enrichir sa réflexion personnelle.

Le premier de ces débats aura lieu le mercredi 31 mai à

20 heures

30 dans l’amphithéâtre K12 de la fac de droit : Louis SCHWEITZER (Président de la Haute autorité contre les discriminations et pour l’égalité) et Jean-François BERNARDIN (Président de l’Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie) discuteront avec vous de l’égalité des chances. Le second débat aura lieu dans la soirée du mercredi 7 juin : Luc FERRY, philosophe, ancien Ministre, et Jean-Claude MAILLY, Secrétaire général de Force ouvrière, aborderont le thème de la mondialisation. J’espère que vous viendrez nombreux à ces deux débats.

De la proposition de loi relative à l’insertion des jeunes dans l’emploi du groupe socialiste

La_roseMardi matin, le groupe socialiste de l’Assemblée nationale présentait sa proposition de loi relative à l’insertion des jeunes dans l’emploi. Après un examen consciencieux  de leur texte, j’ai souhaité intervenir à la tribune de l’Assemblée lors de la discussion générale qui précède le vote. En prenant la parole, je souhaitais faire remarquer à l’ensemble des députés à quel point cette proposition mettait en évidence le déficit de projet de l’opposition sur cette question pourtant essentielle de l’insertion professionnelle des jeunes.

Beaucoup de regret, mais peu de propositions concrètes, comme je le dis dans mon intervention que je soumets bien sur à vos commentaires.

Mon intervention : Download de_la_proposition_de_loi_relative_l.doc

L'emploi des jeunes en questions

Bandeauapprentissage Je recevais il y a quelques jours à l’Assemblée nationale, huit jeunes du Haut-du-Lièvre et de Jarville, et comme à chaque fois, la question de l’emploi des jeunes et de la formation est au cœur de nos débats… Les questions fusent, des plus politiques (comment lutter contre les discriminations à l’embauche ?) aux plus pratiques (comment fait-on pour trouver un employeur lorsqu’on souhaite commencer une formation en alternance ?). J’explique que la loi « égalité des chances » essaie d’apporter des réponses notamment en légalisant le « testing » ou en renforçant le pouvoir de sanction de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), mais que tout ne passe pas par la loi. Il faut changer les mentalités par petites touches, par la force de l’exemple.

Nous évoquons ensemble la solution du tutorat à laquelle je crois tout particulièrement : le tutorat  permet de faire suivre les jeunes les plus en difficulté par des parrains choisis pour les accompagner tout au long de leur insertion professionnelle. Ces tuteurs font le lien entre le jeune, qui découvre pour la première fois le monde de l’entreprise, auquel il n’est pas toujours bien préparé, et l’employeur, qui ne sait pas toujours comment intégrer et former ce nouvel élément.

Nous parlons aussi de l’apprentissage qui m’apparaît plus que jamais comme une des voies principales pour changer la donne de l’emploi en France…et les derniers chiffres en témoignent. La hausse de 6,5% du nombre d’apprentis depuis janvier 2006 tire vers le bas les chiffres du chômage. La France doit rattraper son retard par rapport à nos voisins européens, en développant la formation en alternance à tous les niveaux d’études et en incitant fortement les entreprises à s’investir dans la formation des nouvelles générations. Depuis 2005, nous avons déjà fait un pas énorme puisqu’en 2006 plus 380 000 étudiants étaient formés en alternance. Mais il faut aller plus loin et c’est pourquoi je salue la campagne d’information lancée cette semaine par le Ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement. Elle valorise à juste titre l’apprentissage, voie d’excellence qui permet de cumuler diplôme et expérience professionnelle, clé de l’accès au premier emploi.

Embauche plus facile, embauches plus nombreuses

Code_du_travail Dans mon billet du jeudi 13 avril, Christophe me demandait en quoi le CPE aurait pu créer des emplois. Voici quelques éléments de réflexion dans ce sens.

S’agissant de la politique de l’emploi, on peut jouer sur trois tableaux : une forte croissance économique, une formation adaptée aux métiers qui recrutent, un service public de l’emploi efficace dans l’accompagnement du demandeur d’emploi. Mais aussi, dans notre pays, un contrat de travail qui facilite l’embauche.

La complexité et la rigidité actuelle du contrat de travail peut dissuader les entreprises de recruter. En Europe, deux systèmes coexistent : soit on a un contrat de travail assez flexible qui favorise le recrutement dès que c’est possible, soit on privilégie un statut protecteur qui ne permet de recruter seulement quand c’est indispensable. En France, on est clairement dans une situation où l’employeur ne recrute qu’en dernier recours. Des pays comme la Suède ou le Royaume-Uni ont fait un autre choix, et on constate que leur taux de chômage est bien plus faible. Pourquoi cette différence ?

En France, à l’exception du licenciement économique collectif, le licenciement n’est autorisé qu’en cas de « cause réelle et sérieuse ». L’employeur doit prouver la faute du salarié, or la jurisprudence est extrêmement restrictive. Aux yeux de la Cour de cassation, le fait par exemple, que les clients se plaignent d’un employé ou de voler au sein de son entreprise, ne sont pas forcément une « cause réelle et sérieuse » de licenciement… On comprend aisément que l’employeur réfléchisse à deux fois avant d’embaucher en CDI un nouvel employé. D’où l’explosion des formes bien connues d’emploi précaire : CDD, intérims, stages…

Le CNE est un moyen d’expérimenter une solution plus souple, avec une période de consolidation pendant laquelle prouver la « cause réelle et sérieuse » n’est pas nécessaire pour licencier. Les premiers résultats sont plus qu’encourageants : selon les chiffres de la Sécurité sociale, 400 000 CNE ont été signés depuis le mois d’août. Dans deux cas sur trois, on aurait recruté autrement, peut-être en CDI mais aussi sûrement en CDD ou en contrat d’intérim. En tout cas, pour 130 000 personnes, il n’y aurait pas eu d’emploi du tout.

Le CPE reprenait cette philosophie, au profit des jeunes, population la plus éloignée du marché du travail. On pouvait en attendre le même volume de création d’emploi. Même si le CPE n’a pas abouti, la question de la flexibilité, que certains appellent agilité, reste au cœur du débat.

Travail de nuit des apprentis, les points sur les i

Le_figaro Alors que l'on entend tout et n'importe quoi sur la question du travail de nuit des apprentis, je vous renvoie à la tribune que j'ai écrite, publiée dans le Figaro du 17 avril :

Depuis le début des débats sur la loi « Egalité des chances », trop de parlementaires socialistes, s’insurgent contre le rétablissement du travail de nuit des apprentis mineurs. Ce sujet n’est nulle part abordé par cette loi. Un hors sujet flagrant, repris et amplifié, à grand frais de slogans, au risque d’une certaine désinformation de l’opinion. Les parlementaires de l’opposition mentent en accusant la majorité de revenir en arrière sur cette question délicate du travail de nuit des mineurs, alors qu’ils savent pertinemment que c’est bien la gauche qui avait laissé ce point du droit social en suspens. Rétablissons la vérité.

Le principe de l’interdiction du travail de nuit des jeunes de moins de 16 ans a été acté par la loi du 26 juillet 2005. En préparant ce texte, Jean-Louis Borloo, Gérard Larcher et moi-même avions tenu alors à revenir sur une situation scandaleuse décidée par Lionel Jospin et sa Ministre des Affaires sociales de l’époque, Elizabeth Guigou, à l’article 3 de l’ordonnance du 22 février 2001. Ce texte ouvrait la possibilité aux apprentis de moins de 18 ans de travailler de 22 heures à 6 heures du matin dans « les établissements commerciaux et [de] spectacle ». Un libellé si vague, que la dérogation au principe du travail de nuit des mineurs en serait presque devenue la règle. Surtout, certains secteurs comme celui de l’hôtellerie ou de la restauration n’étaient encadrés par aucun décret, ce qui laissait la porte ouverte à toutes les dérives. Mieux encore, cette ordonnance allait jusqu’à autoriser le travail des mineurs de 14 ans pendant les congés scolaires.

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