De la relativité des étiquettes.
La question du maintient du taux de TVA à 5,5 pour le secteur du bâtiment et son extension au secteur de la restauration, est actuellement en discussion sur la scène européenne. Pour le gouvernement, il est impératif de tenir parole sur cette promesse faite aux Français, le Président, puis le Premier Ministre s’étant fermement engagés sur ce point. Cette discussion témoigne en tout cas d’une chose : il faut prendre la mesure de la nécessité d’une réforme fiscale. On le voit bien, tous les secteurs veulent passer à 5,5%, le système actuel est mal fait car l’écart est trop grand entre les deux taux d’imposition.
Autre débat Bruxellois, les critiques sur les propositions de budget européen du Premier Ministre britannique…Elles sont loin d’enthousiasmer la France, les nouveaux entrants, ou encore le Président de la Commission, Manuel Barroso, qui a demandé à Tony Blair de revoir sa copie pour sortir cette impasse. C’est notamment la baisse de l'enveloppe globale ponctionnant les fonds structurels des nouveaux entrant dans l’Europe qui a fait réagir fortement les responsables européens.
La voix de la France s’est trouvée affaiblie dans cette discussion budgétaire… Six mois après le referendum, on peut constater à quel point le « Non » au traité à des incidences sur la crédibilité et l’influence de la France au niveau de Bruxelles…
Autre paradoxe, ces propositions sont le fait d’un socialiste certes anglais, mais adhérent à l’International socialiste tout de même ! Tony Blair va dans le sens inverse de la volonté française, exprimée aussi bien par l’UMP que par les socialistes. Cela témoigne, si c’était encore à démontrer, que l’étiquette politique ne garantit pas tout. On peut défendre son parti mais s’y résumer est simpliste...d’où la limite de la logique partisane !

L'unanimité pour les décisions qui n'engagent pas l'avenir de l'Europe n'est plus réaliste après l'ouverture à 25 membres. Il faudrait réformer cette disposition (mais... zut ! il faudrait l'unanimité !) Et j'ai du mal à comprendre comment on peut diriger l'Europe quand on refuse par exemple l'euro...
Et l'écart entre les taux de TVA est trop grand. Trop grand à l'intérieur de la France et trop différent entre les différents pays. D'autre part, si le taux passe à 5,5 pour la restauration, verra-t-on les Berlinois venir consommer le plat du jour dans mon restaurant ?
Rédigé par: HUON Cécile | le jeudi 15 décembre 2005 à 23:04