Chaque voix compte...

Constitution C'est un slogan bien connu des campagnes électorales à l'ancienne : "dimanche, chaque voix comptera". Hier, à Versailles, chaque voix a compté puisque la réforme constitutionnelle a été adoptée avec un vote favorable de plus que la majorité requise des trois cinquièmes. A une voix près! C'est la majorité la plus faible jamais vue pour modifier notre loi fondamentale. Les progrès de cette réforme de la Vème République pour tous ceux qui sont attachés, comme moi, au partage et à l'équilibre des pouvoirs sont évidents : renforcement du Parlement (partage de l'ordre du jour, limitation de l'adoption sans vote selon l'article 49 alinea 3, débat sur le texte adopté en commission, contrôle des nominations par l'exécutif aux charges publiques), nouveaux droits pour les citoyens (referendum d'initiative populaire, saisine directe du Conseil constitutionnel et création du défenseur des droits). Ces avancées étaient à saisir sans attendre d'autres mesures surement souhaitables pour une République mieux équilibrée. C'est pourquoi, je veux saluer le courage de Jack Lang, cohérent avec des décennies de propositions institutionnelles du Parti socialiste, du programme commun à aujourd'hui, et regretter l'attitude stérile des parlementaires socialiste, s'opposant systématiquement, quitte à rejeter ce qu'ils défendaient encore hier...

Parole tenue et valeur travail : débat autour du RSA

Hirsch Fera, fera pas? le jeudi 12 juin fut marqué par le débat sur la généralisation du Revenu de Solidarité Active. Invité hier à la convention sociale de l'UMP organisée par Marc-Philippe Daubresse, j'ai défendu cette idée portée par Martin Hirsch. Un constat : 20 ans après le RMI, notre système d'aide sociale fait qu'une personne en travaillant peut avoir moins de pouvoir d'achat qu'en étant allocataire d'un minimum social. Cette situation enferme dans l'assistance de nombreuses personnes, et ne résout pas la situation des travailleurs pauvres. Le RSA met dans un pot commun les minima sociaux, la PPE, de nombreuses aides spécifiques, pour compléter le salaire de quelqu'un qui commence à travailler et lui permettre de gagner plus par le travail que par l'assistance. C'est une réponse aussi au temps partiel qui constitue souvent une première étape dans un parcours vers l'emploi, mais fait des travailleurs pauvres. La majorité doit respecter cet engagement pris devant les Français de mettre en oeuvre le RSA. Il faut prendre le temps de réfléchir et négocier sur les modalités pratiques de mise en oeuvre en 2009, mais ne pas sembler faiblir dans la volonté d'aboutir. Il faut aussi s'engager à trouver les moyens financiers complémentaires nécessaires : je crois que les économies réalisées par le plafonnement et la remise à plat des niches fiscales pourrait servir à celà... La valeur travail doit jouer pour ceux qui ont un emploi stable, mais aussi pour tous ceux qui s'efforcent d'y accéder!

Expert en chiffres ne rime pas toujours avec chiffres d'expert!

Ofce La polémique sur les chiffres du chômage pendant la campagne présidentielle avait montré la fragilité des débats statistiques d'experts, mais aussi, six mois plus tard, confirmé la qualité des estimations de l'INSEE. "Les Echos" du jour font état d'un article disponible sur site de l'OFCE, organisme privé d'études, qui semble remettre en cause les résultats avancés par le Bureau d'Informations et de Prévisions Economiques et l'INSEE sur l'emploi dans le secteur des services à la personne. L'exercice montre que parfois plus c'est gros, plus ça passe. L'OFCE analyse les résultats du plan de développement des services à la personnes avec des chiffres vieux d'au moins deux ans (du 2ème trimestre 2004 au 2ème trimestre 2006), c'est à dire au moment du lancement opérationnel du plan (loi applicable en janvier 2006, nouveau chèque emploi service et agréments des prestataires disponibles au printemps 2006). Autant dire au moment du départ du camp de base que l'expédition n'a pas atteint le sommet de l'Everest! En prime, l'analyse recourt à des mesures créés pour l'occasion (la création d'emplois mesurée sans les postes à durée déterminée, ce qui est l'inverse de la règle utilisée pour toute l'économie nationale, et même par Eurostat) et avance des résultats de calcul différents de l'INSEE auquel pourtant il est fait référence (1,843 million de salariés pour l'INSEE en 2006 dans le secteur contre 1,448 pour l'OFCE). Sinon l'OFCE avance des constats généraux connus et avec lesquels tous sont d'accord depuis longtemps : le secteur est prometteur, il crée des emplois, un emploi créé sur quatre en 2006 l'a été dans le secteur des services à la personne (103 000 représentant 33 000 ETP)... Pendant ce temps l'essentiel est masqué : l'engagement des associations, des entreprises et des pouvoirs publics pour apporter avec ce plan de soutien et de professionnalisation une réponse aux défis de la conciliation des vies professionnelles et familiales des Français et surtout des Françaises, puis du vieillissement et de l'isolement. Mais nous y reviendrons...

Snif...

M6 Cette petite note pour dire que me manquera comme à beaucoup de Nancéiens la petite musique annonçant le journal local de M6... Quelques jours de vacances et à mon retour, je découvre une rédaction brutalement fermée et un décrochage local définitivement arrêté. Je regrette la qualité du travail fait, l'originalité de la ligne éditoriale et, surtout, pense à celles et ceux que je connais, avec qui j'ai travaillé, qui formaient pour la petite chaîne qui montait une formidable équipe.

La forêt pourrait cacher l'arbre...

Cacophonie Jeux olympiques, déclaration de NKM sur fond de discussion du projet de loi OGM, carte familles nombreuses... Les couacs de l'orchestre gouvernemental finissent par masquer le travail qui se fait. Quels échos depuis mardi sur l'examen commencé à l'Assemblée nationale du projet de loi de modernisation du marché du travail? Pourtant, ce texte comporte des progrès majeurs pour l'emploi car il avance sur la voie de la flexisécurité. D'un côté, plus de sécurités pour le salarié avec la réduction de la durée nécessaire pour bénéficier d'une indemnisation maladie ou d'indemnités de licenciement, l'intégration des stages à la période d'essai ou la suppression du CNE au profit du nouveau CDI. De l'autre, plus de souplesses pour les employeurs avec l'allongement de la période d'essai, la rupture négociée du CDI, un CDD de mission plus long (18 à 36 mois). Surtout, ce texte porté avec persévérance par Xavier Bertrand est un progrès par sa méthode d'élaboration : il correspond à l'accord signé par tous les partenaires sociaux à l'exception de la CGT, montrant que le dialogue social pour des réformes essentielles, ça peut marcher. Ce débat parlementaire méritait d'être au premier plan de l'actualité, et non masqué par les difficultés gouvernementales que l'on sait. Il était donc temps qu'intervienne le rappel à l'ordre du Président de la République... Pour que la forêt touffue ne cache pas l'arbre qui porte ses fruits!

Sommes-nous tous des Tibétains?

Tibet Ce matin, le reportage d'une radio nationale sur la visite de parlementaires américains emmenés par Nancy Pelosi à Dharam-Sala auprès du Dalaï Lama faisait écho à l'actualité nancéienne. Hier, nous étions plusieurs centaines à nous retrouver place Stanislas à l'invitation de l'association Tibet Résistances : plusieurs témoignages pour dénoncer et proclamer. Dénoncer la violence et les mensonges des communistes en Chine contre les Tibétains aujourd'hui, contre des Chinois aussi souvent, le pouvoir officiel ne reconnaissant que des "arrestations volontaires" et 18 morts -contre plus de 100 selon les autorités tibétaines en exil. Proclamer le soutien au peuple tibétain, la force de la non-violence prônée depuis toujours par le Dalaï Lama qui refuse même le boycott des jeux olympiques de Pékin et la confiance dans la conscience de l'opinion publique mondiale, ce courant qui peut être puissant et que les élus doivent entendre partout sur la planète. Alors oui, tant que les violences dureront, portons tous un morceau du drapeau tibétain!

Tous à l'opéra !!!

Opera Deuxième édition de la journée "Tous à l'opéra" ce samedi. 28 maisons d'opéra ouvraient leurs portes partout en France pour accueillir le public, faire découvrir les métiers qui font vivre ces théâtres et expliquer les efforts réalisés depuis plusieurs années pour accueillir de nouveaux publics en partenariat avec les écoles, les facultés, les associations ou les comités d'entreprises. Président de la Réunion des Opéras de France, association coordonnatrice de l'évènement, j'ai assisté au lancement de l'opération en matinée à Paris : le Palais Garnier comme l'Opéra Comique étaient noirs de monde, des visiteurs curieux d'une exposition comme d'un atelier de chant. Retour à Nancy en après-midi. Ici aussi le public aura été au rendez-vous : près de 3000 personnes pour assister à la répétition générale d'Andrea Chenier, visiter le théâtre et voir le travail de l'atelier de costumes. Un évènement à rééditer pour partager toujours plus la culture!

La mémoire d'un enfant pour un enfant

Shoah_2 Nicolas Sarkozy était l'invité du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France hier soir. Il y a proposé que le devoir de mémoire de la Shoah, du génocide des juifs conduit par les nazis pendant la seconde guerre mondiale, soit accompli auprès des plus jeunes en permettant à chaque enfant d'aujourd'hui de connaître la vie et le sort d'un seul enfant juif d'alors. Il en parrainerait en quelque sorte le souvenir. Cette idée repose sur une évidence : la mémoire se nourrit autant d'un sentiment fort que d'une raison construite. Il s'agit de répondre à l'inexorable disparition des témoins vivants de ce crime immonde en remplaçant la force de leur récit par une autre émotion directe et personnelle. Il me semble essentiel que l'école de la République considère que c'est sa mission de perpétuer le devoir de mémoire par tous moyens. Simplement, toute initiative de ce type doit être appropriée par les enseignants et les associations mobilisés en leur permettant de la discuter pour la concrétiser. Les discussions seront surement plus féconde que la condamnation.

La voie parlementaire pour relancer l'Europe

Congres_de_versaille Par 560 voix contre 181, députés et sénateurs ont approuvé aujourd'hui la modification de notre Constitution qui permettra au Parlement français de ratifier le traité de Lisbonne. J'ai voté pour cette réforme constitutionnelle lors du Congrès de Versailles. D'abord, parce qu'européen convaincu je crois que les avancées du traité de Lisbonne sont positives : vote à la majorité qualifiée étendu pour que l'Europe sorte de la paralysie, création d'un président du Conseil européen élu pour deux ans et demi et de la fonction de "haut-représentant" (sorte de ministre européen des affaires étrangères) pour plus d'efficacité, renforcement des pouvoirs du Parlement européen et des parlements nationaux ainsi que le droit d'initiative populaire obligeant la Commission à étudier des propositions demandées par les citoyens pour plus de démocratie... Ensuite, je crois que la France ne pouvait rester inerte en Europe, sous peine que les autres avancent sans elle et qu'elle s'en trouve minorée dans l'Union. Après l'échec du referendum sur le traité constitutionnel européen, il fallait un plan B qui permette de redémarrer! Le président français et la chancelière allemande l'ont permis par cette initiative ; il faut saisir l'opportunité historique qui se présente. Enfin, il faut expliquer que le "mini-traité" de Lisbonne n'est pas le projet de constitution européenne car il ne comporte que des amendements fonctionnels aux traités actuels, sans prétendre fonder un nouveau modèle économique, social et politique européen. C'est pourquoi le referendum n'est pas nécessaire, d'autant plus que les dispositions adoptées à Lisbonne sont celles annoncées par le candidat Sarkozy pendant la campagne présidentielle et avec lesquelles il a été élu. Le traité de Lisbonne permet à l'Europe de décider plus vite dans plus de domaines, d'être mieux représentée et d'avoir des institutions démocratiquement mieux contrôlées. Mais le modèle européen -plus libéral ou plus social?- reste à construire...

Remue-méninge pour quel changement ?

Attali Permanence hier à Brin-sur-Seille, extrême-Orient de ma circonscription de député : questions angoissées sur des mesures du rapport Attali. L'assistance réagit. Certains regrettent qu'un rapport qui doit ouvrir un débat provoque des refus catégoriques avant une réflexion. Les mêmes rappellent que ce jeudi est jour de grève sans se souvenir de son motif, déplorent les mouvements sociaux de l'automne dernier contre l'alignement des régimes spéciaux de retraite et la modernisation des universités. Ils concluent à l'impossibilité de transformer paisiblement le pays. Pourtant des signes contraires s'accumulent : l'accord des partenaires sociaux sur le contrat de travail signé par quatre syndicats (FO, CFE-CGC, CFTC et CFDT) sur cinq lundi montre que le dialogue social fonctionne pour traiter des réformes pourtant jugées explosives : allongement de la période d'essai, rupture du CDI par consentement mutuel, CDD plus long pour des missions de cadre, en contrepartie de garanties plus importantes pour les salariés en matière de formation tout au long de la vie. Et tout celà alors que nous votons à l'Assemblée la fusion de l'ANPE et de l'ASSEDIC, avant que les négociations sociales ne portent sur la représentativité et le financement des syndicats... Je veux voir le verre à moitié plein et croire que le débat sans tabou de la présidentielle en 2007 a ouvert le champ des possibles. Les acteurs économiques, sociaux, locaux, civils sont prêt à prendre leur part du changement. De ce point de vue les débats publics suite au rapport Attali, si les interlocuteurs sont respectés et le temps pris, peuvent nous faire franchir une étape dans la voie d'un changement collectif enfin concerté. A chacun de s'y coller là où il est en responsabilité!